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 Il neige...

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Ostros
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MessageSujet: Il neige...   Ven 8 Jan - 17:15

Voilà déjà plusieurs heures qu'une léger voile blanc c'est installé dans les airs, s'écoulant avec douceur sur le sable du désert. Feledor tout entier est revêtu, pour la première fois de son histoire, du drap blanc caractéristique des hivers enneigés.

« Ce monde s'éteint petit à petit... »

Je suis las, las de me battre pour un pouvoir invisible, las de m'être épuisé pour des choses qui n'en valaient pas la peine.

« Est-ce vrai?! »

Je ne sais même pas si mon peuple se souviens de moi, tellement ces derniers temps j'ai été absent de mes terres. J'ai voulu servir un monde qui se moque éperdument de son avenir, tous et tout semblent affirmer le contraire, ils le défendent avec véhémence même. Mais au fond, les choses ont toutes prises le chemin de la fin.

« Qui sait ?! Peut-être le monde est-il encore plus las que nous? »

Je me retourne, après un dernier coup d'œil au grand oasis, le voir ainsi couvert d'un duvet blanc me pince le cœur. J'ai l'impression que le temps s'est arrêté, que peu à peu, le monde se couvre pour entrer dans son sommeil.

« Nous l'avons tellement usé, tant de guerres, tant de haines. »

Je me tiens face à l'entrée du réseau de cavernes, j'entends l'écho du travail qui est effectué dans les profondeur en ce moment.

« Il est temps de partir. »

L'obscurité s'installe aussi vite qu'elle ne fuit, chassée par la luminescence des cristaux chargés de magie qui sortent ça et là de la roche environnante. Je prend délibérément un pas lent, je veux que chacune de ces images soient gravées dans mon esprit.

« On ne quitte pas un monde sans regret. »

Je parle à voix haute depuis le début. De simples phrases lancées en l'air, rien d'impressionnant, la simple lassitude d'un être qui n'a plus la force de garder toutes ses pensées pour lui.

Un tintement commence à se faire entendre, il se répartit dans l'espace, résonnant contre les parois, un autre lui répond rapidement. Plus j'avance, plus ils sont nombreux, créant rapidement une mélodie douce et vibrante, une larme, s'installe au coin de mon œil d'où elle ne semble pas décider à partir. J'ai toujours aimer cette pluie souterraine, admirer ce travail de titan qu'elle exécute. Là où nous nous précipitons pour faire les choses avec vitesse. Elle prend tout son temps pour bâtir des édifices aux côtés desquels le plus grand des palais n'est qu'une taverne.

Je perd le compte de mes pas, les laissant me guider vers ma destination, mon regard s'égare sur des œuvres d'arts que nul homme n'a façonné : stalagmites, stalactites, draperies, gours, colonnes,... Tant de choses que nous n'avons pas sût comprendre, l'âge de chacune d'entre elle renvoi le plus âgé des elfes au fond de son berceau.


« Nous avons réussi à venir à bout de cette patience infinie. »

Le temps n'a plus d'importance en cet instant, me voilà arriver. J'aperçois ceux qui ont voué leur vie à me protéger. Qui sommes nous pour prendre la vie des gens et l'attachait à la nôtre?

« Quel mensonge, ils ont été mes amis et j'aurais donné ma vie pour eux. »

La vérité nul ne la saura jamais, les émotions prenant souvent le pas sur les rôles de chacun. C'est ce qui nous rend si différent, si dangereux aussi.
Les voilà qui viennent à ma rencontre, je vois leurs sourires, je sens que ma bouche se déforme pour leur répondre de la même manière.
Il me parle, le sens de leurs paroles m'échappe tant je suis encore dans ce nuage laiteux qui a recouvert le pays autant que mon esprit et mon cœur.

Les navires sont là, amarré sur les quais de l'immense port souterrain que nos ancêtres avaient construit. Certains sont déjà partis, ne reste que ceux qui ont décidé de rester avec moi.


« Notre voyage devrais-je dire aujourd'hui ... »

Les treize me regardent intrigués, Echarisna sourit et invite les autres à embarquer. Il n'y a plus que moi sur les quais, tous sont maintenant attroupés sur les ponts des navires, observant, attendant que enfin je daigne les rejoindre.

Il est temps, je prend une lente inspiration avant de m'exprimer d'une voix puissante.


« Mes amis, mes compagnons ! Feledor dormira sans nous ce soir. Nous la libérons de notre joug ! Et par la même occasion, la structure de notre peuple ne peut plus être. »

Je dois le dire, je dois en finir.

« Quel dirigeant ai-je été? Au service du Doux avant d'être à celui de mon peuple. À la recherche des mystères du passé avant de donner du temps au présent de mes frères. Je ne suis plus digne d'être votre souverain, je ne suis pas l'homme qui doit diriger.

En fait, avons-nous besoin d'un être qui dirige? Ne pouvons nous pas seulement avancer ensemble, mettant au service de tous les compétences de chacun. »


Ils me regardent tous comme si je venais de me mettre à briller ou quelque chose du genre.

« A compter de ce jour, je déclare que nul souverain, nul chef ne prendra plus la tête de notre groupe, nul supériorité ne nous dirigera. Nous avancerons unis et par la force de tous. Je libère ainsi les treize Protecteurs de leur tâche, ils s'en sont acquitté avec patience et réussite. Pour preuve je me tiens devant vous en vie. »

Le plus dur maintenant.

« J'ai placé en ces navires des trésors d'une valeur inestimable, des objets décrivant des brides du passé de ce monde. Je vous les confie, il seront ce qui restera de moi à vos côtés. »

J'attire à moi la force qui depuis bien longtemps ne m'avait plus servi.

« Ma place n'est plus parmi vous. »

Je tend mes mains jointes en avant, un hurlement jailli du labyrinthe des grottes, le vent traverse les salles, accumulant force et vigueur pour venir gonfler les voiles et pousser les navires, les amarres qui n'avaient pas encore été défaites s'effilochent avant de céder poussant la petite flotte vers les mers du Sud.

J'adresse un dernier signe de la main à ceux qui furent, il y a peu encore, mon peuple. Puis me détourne ...


« Que fais-tu là?! »

La surprise est de taille, même si je m'en doutais, je ne pouvais imaginer qu'elle serait là si vite.

« Tu ne peux pas faire ça. Pas comme ça ! » me dit-elle froidement.
« Si... »
« Ils sont douze là bas à avoir perdu toute volonté sous ses paroles, ils t'avaient offert leur vie et tu crois qu'en leur disant : « Merci c'est fini, vous avez réussi. » ; tu vas les contenter. Surtout que tu les abandonnes, tu nous abandonnes. »
« Tu ne comprends ... »
« Bien sûr que je comprend, tu as des remords, tu as échouer là où tu pensais pouvoir apporter une étincelle à ce monde mort. Mais est-ce une raison pour abandonner ceux qui t'ont tout confier? Les Protecteurs ont tous outrepassé leur prérogative, ils ne protégeaient pas un souverain, ils veillaient sur la vie d'un ami. Ils t'ont confié leurs doutes, ils t'ont confié leurs sentiments. Tu connaissais chacun d'entre nous et là tu arraches celui qui nous lié tous. »


Vraiment, elle est pire que son père.

« Tu crois que je n'ai pas réfléchi à ça. Mais sache que ma place est ailleurs, je vous est lié certes, mais au final chacun d'entre eux est devenu dépendant de moi au même titre que je dépendais de vous. On ne vit pas au crochet des autres, on vit par soi-même et avec les autres. Maintenant va et dis leur que jamais je ne serai loin d'eux. »
« Tu n'as qu'à leur dire toi-même. »

Puis elle sourit et dépose un baiser sur mes lèvres.

« Comment ?! Et Reij'Ik? »
« Rien n'est fait avec lui. Je crois qu'il est encore plus aveugle que toi sur la question des sentiments. Mais je pense que sur un navire j'arriverai bien à le coincer à un moment où à un autre. »


Je m'esclaffe en imaginant les durs moments que va passer mon vieux frère d'aventure. Je stoppe mes réflexions lorsque je vois son doigt se lever.

« Une dernière chose. Embrasse mon père pour moi. »
« Que... Comment... »
« Je suis sa fille, ne l'oublie jamais. »


Elle me donne un nouveau baiser, puis prenant sa forme d'épervier s'envole à la poursuite des autres. Je prend alors le temps de réfléchir à ce que je vais leur dire, le contact est encore possible. Lançant mon esprit à la recherche des leurs, je finis par les atteindre tous ensemble, je sens Echarisna qui s'est installé elle aussi dans la conversation.
Je suis dans un premier instant frappé par la mélancolie qui les habite. Puis finalement je passe et établi un lien stable.


« Mes amis, je me doute que mon geste n'est pas celui que vous attendiez et m'en excuse. Mais j'étais le seul à pouvoir rompre efficacement le lien trop imposant qui nous unis. Jamais je ne vous oublierai et qui sait, le destin nous offrira peut-être des retrouvailles en un jour lointain.

Daphnia, ta douce voix et tes doigts habiles ont su adoucir les durs instants que nous avons traversé, créant de fines musiques. Ne perd jamais cette volonté qui te garde.

Korol, fais attention à toi, les filles te perdront. Essai de calmer tes ardeurs et tes envies de casse-cou pour regarder autour de toi. Tu seras peut-être surpris.

Ovick, le faux taciturne, jamais une parole dès qu'il y a un peu de monde. Par contre lorsque nous sommes entre nous, tu es celui qui nous aura fais le plus rire. Ouvre toi un peu plus aux autres, le monde est vaste et il y a tant de choses à faire, ne perd pas le peu de temps que la vie nous accorde.

Tharadrim, je n'ai toujours pas compris d'où sortait ce fameux tonneau de bière lors de notre petite escapade dans le désert. Enfin moi et la magie des nains ça fait beaucoup trop. Un compagnon solide, mais n'oublie pas que tu as des sentiments.

Niaraf, j'espère que je n'aurais pas trop d'achat à faire, sinon tes talents de négoces vont rapidement me manquer. Toujours un doigt sur les bonnes affaires. Enfin, tout ne s'achète pas alors pense à offrir de temps en temps.

Sir'Iline, j'espère que tu laisseras gagner Korol aux bras de fer un de ces jours. Il n'a jamais réussi à admettre ça, alors qu'il a quand même réussi à battre Aran, une seule fois c'est sûr mais c'est déjà ça. Ne tapes pas trop sur la tête de ce pauvre Urkal, c'est un bon époux j'en suis sûr.

Li Mia, notre rencontre restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je n'avais jamais vu une bande de brigand effrayé à ce point par une gamine. De ta lame ou de toi, je me demande qui est la plus tranchante. Tu trouveras bien mieux que moi pour compagnon.

Aran, alors qu'on doit tous franchir les obstacles sur notre route, ils s'écartent de toi. Range un peu ton air méchant, tu sais comme moi que tu ne l'as jamais été. Tes histoires des anciens temps me manqueront, ne perd jamais la sagesse qui guide chacun de tes pas.

Vicnua, sacré bout de femme que tu es. La plus grande chasseuse que j'ai rencontré. L'œil vif, la main ferme. J'espère que jamais un homme ne fera l'erreur que j'ai commise, parce que je ne tiens la vie qu'au fait que tu devais la protéger. J'ai au moins découvert que mon nez n'était pas indestructible.

Joril, le gamin de l'équipe par la taille et par l'âge, quoi que tu auras bientôt dépasser Tharadrim. Mais surtout, le futé de l'équipe, combien de bagarre avons nous éviter grâce à toi. Tu croques la vie à pleine dent et ça te réussis. Fais toi encore cajoler par ces dames, tu verras plus tu grandis moins c'est facile.

Urkal, le maître, tes leçons m'ont ouvert l'esprit et ont façonné ce que je suis aujourd'hui. Un exemple pour tous, laisse les se libérer et se lancer, c'est dans l'erreur qu'on tire le plus d'enseignement. Et puis, tu auras un peu plus de temps à accorder à Sir'Iline, car n'oublie pas qu'aucune des armes ou armures que tu façonneras ne pourra te protéger de son amour.

Reij'Ik, mon frère, combien d'aventures avons nous vécu ensemble? Je ne saurai le dire, mais est-ce bien important? Chacune d'elle fut l'occasion de renforcer ce lien qui nous uni depuis notre plus tendre enfance. Il est temps que nous prenions des voies séparés pour que chacun de nous se construise seul. J'espère te revoir un jour.

Des adieux bien courts j'en conviens, mais m'étendre ne servirai à rien à part creuser dans la plaie de nos cœurs. J'aime chacun d'entre vous, et jamais votre souvenir ne s'effacera de ma mémoire. Que les vents veillent sur vous. »


Je romps alors le contact, juste après avoir envoyé un simple « Merci » à Echarisna. Ils ne devraient plus tarder.
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