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 la femme ombre et le prince envoûté

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everlord
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MessageSujet: la femme ombre et le prince envoûté   Dim 6 Déc - 19:01

L’espace d’un instant, rien qu’un instant, il suffisait d’écouter la pluie tomber sur les feuilles des arbres et d’observer le calme pour se sentir plus que vivant, un torrent grondait plus fort, un roulement sourd annonçait un orage prochainement. La nature végétait, l’atmosphère était fraîche, l’automne approchait et c’est dans son lit de fortune que le prince fit ces déductions, le sourire aux lèvres, l’esprit vagabondant à travers les milliers d’arbres de sa forêt, passant au devant des montagnes, traquant les animaux qui se sentaient épiés par quelque chose, sans savoir vraiment quoi.
Il fut sorti de ses rêves par un léger bruit à sa porte, quelqu’un frappa.

-« prince, votre cheval vous attend en bas »

Une voix douce et féminine s’était adressée à lui par l’entrebâillement de la porte, la fille de son commandant second avait voulu servir à ses côtés, faute d’avoir été refusé dans l’armée du prince, malheureusement, Everlord n’avait pu lui trouver un travail de meilleure qualité pour une fille de ce rang. Il prenait cependant le temps de lui enseigner les arts du combat à l’épée lorsqu’il était sur que son second était absent ou au combat.

-« très bien, merci beaucoup Mathilde, j’arrive tout de suite »

Il entendit des pas s’éloignés puis se leva d’un bond et s’emmitoufla dans sa belle cape verte avant de sortir, offrant son visage à la brise douce et fraîche d’une journée pluvieuse et triste.
Il enfourcha son destrier, sous les yeux de Mathilde qui le suppliait du regard pour l’accompagner dans sa promenade matinale.

-« Ton père n’est donc pas là ? »

-« Non Everlord, il est parti au combat, il avait apparemment une vengeance personnelle à assouvir »

Il réfléchit et pensa qu’il ne pourrait pas lui en vouloir de sortir sa fille pour une simple balade.

-« très bien, va te chercher un cheval, je t’attends ici »

Mais il n’attendit pas longtemps avant de voir la jeune fille sortir son destrier, elle l’avait déjà préparé et caché derrière un fourré. Ils se regardèrent et sourirent ensemble, décidément, cette petite était pleine de ressource.

Ils talonnèrent leurs montures et partirent dans la direction du nord, vers les forêts chatoyantes et immense de mélèzes et de séquoias. Ils parcoururent quelques lieus avant de devoir s’arrêter devant un torrent de boue qui descendait de la montagne de Durgolath, la plus grande montagne du royaume.

-« descendons, nous allons devoir faire une petite marche à pied, il y a, me semble-t-il, un pont un peu plus haut »

Ensemble, l’un à côté de l’autre, ils remontèrent en amont du torrent, leur monture broutant de ci de là, la verdure qui leur était offerte.

-« Sir, n’avez-vous jamais pensé à demander la main d’une femme ? »

La question prit au dépourvu le jeune elfe qui la toisa d’un regard méfiant.

-« depuis quand chère Mathilde, vous inquiétez-vous de mes histoires de cœur ? »

-« Je ne sais pas prince, mais beaucoup de jeunes filles essayent de vous séduire et vous n’y prêtait guère plus attention qu’à une fiente de geai »

Cette phrase eut le don de faire rire le prince et de détendre l’atmosphère.

-« Ah ah ah, alors vous, vous ne perdez pas une occasion n’est ce pas ? Vous dites que plusieurs filles ont tenté de me séduire ? Je ne m’en suis pas rendu compte, elles ne doivent pas être douées, c’est la seule explication possible. Avez-vous des exemples à me citer ? »

Le fait d’entendre le jeune prince dire que les filles du royaume n’étaient pas douées pour séduire, la mit en colère, son visage se crispa, elle savait bien que Everlord la taquinait, sachant qu’elle éprouvait des sentiments pour lui, elle fit comme si elle n’avait pas entendu.

-« Il y a Adeline, la fille du forgeron, qui vous apporte elle-même votre épée qu’elle a pris soin de réparer et de polir avant que vous partiez au combat. Elle glisse même des petits mots dans votre fourreau… »

Intrigué, le seigneur Everlord dégaina son épée et glissa la main dans son fourreau pour en sortir une poignée de petits papiers.

-« Tout s’explique maintenant, je pensais que le cuir se raidissait, mais en fait, ce sont ces morceaux de papiers qui faisaient buter la lame, j’avais jamais fait attention »

-« je vois ça sir »

Il secouait son fourreau et très vite, une montagne de petits mots se faisaient par terre, il en ouvrit un qui était resté au fond :

Mon prince,

Je commence à me désespérer de n’avoir aucune réponse de vous, je ne sais même si vous lisez ces quelques mots. J’attends le moment où votre cœur saura être réceptif à mes sentiments. Je ne peux me permettre de vous le dire en face, à cause du respect qui est dû à notre rang, mais je ne peux détourner mes pensées de vous, vous hantez mes rêves, mes journées, je meurs de ne pas avoir de vos nouvelles lorsque vous partez au-delà de l’horizon. Mes yeux se vident de l’eau qui tombe sur mon cœur. Je reste dans l’espoir qu’un jour vous tombiez sous mon charme.

Tendres baisers, dame Adeline.


-« Ah oui en effet, elle a l’air amoureuse de moi cette petite… »

Cette petite ? Sauf votre respect sir, je trouve que vous négligez l’importance des sentiments amoureux qu’Adeline vous accorde, elle vous aime, cela ne fait aucun doute, elle serait prête à tout pour que vous posiez vos yeux sur elle et cette petite comme vous dites est plus mature que certains de vos hommes. »

Elle détourna son regard des yeux de braise du prince, se doutant qu’elle avait été un peu trop loin.

-« je vois que vous savez défendre votre opinion de femme, c’est tout à votre honneur, cependant, je ne pense pas que la comparaison entre la maturité de femmes qui restent au royaume à faire leurs tâches quotidiennes et mes hommes qui risquent leur vie à chaque journée ne soit envisageable dame Mathilde. Sachez que j’ai une confiance totale en mes hommes, même si à certains instants, ils peuvent faire preuve d’une simplicité inquiétante d’esprit, ce sont de vrais guerriers, vous ne feriez pas le poids face à eux sur un champ de bataille »

-« Qu’en savez-vous ? »

Elle venait de dépasser toutes limites qu’il était possible d’avoir entre un prince et une fille de second, c’est donc sans vergogne qu’il la remit à sa place.

-« Vous n’êtes qu’une sotte, Mathilde. Vous ne vous rendez pas compte de l’ampleur de vos paroles, je mets cela sur le compte de votre immaturité. Ce n’est pas pour rien que votre père refuse que vous nous accompagniez, vous êtes impulsive, sensible et vous vous feriez tuer par des plouks en chaleur qui abuserait ensuite de votre corps, même morte. »

Elle pleurait, en silence, mais elle pleurait. Se savoir rejeter parce qu’elle était une femme la dégoûtait au plus haut point. Elle pensait que le prince la soutenait, avait envi de la voir à ses côtés pendant les batailles, mais au contraire, il la prenait encore pour une enfant.

Le jeune prince feinta de la regarder, il savait qu’elle était en train de pleurer, mais où était le mal à préserver la vie d’une si jolie fille ? Il n’éprouva aucun remords, il avait agi en tant que souverain de son royaume et pour la préservation de son peuple.

Ils arrivèrent au pont. Trempés, les cheveux blonds de Mathilde brillaient sous les nombreuses gouttes d’eau qui tombaient des arbres, elle était belle. Ses larmes avaient séchés mais elle avait les yeux rouges et ne lui avait pas adressé la parole durant le reste du trajet.
Le ponton était presque neuf, des glycines blanches, rouges et bleues enroulaient la charpente douce et ciselée. Ils traversèrent et se retrouvèrent sur un petit chemin pierré, qui zigzaguait vers la forêt. Au loin, on apercevait la cime des séquoias majestueux qui trônait au dessus des mélèzes. Ainsi, ils remontèrent sur leurs chevaux et continuèrent leur route.

-« Il y a également sylvia, la petite que vous avez ramené d’une de vos croisades, elle vient dans votre chambre la nuit pour vous écouter dormir et sentir votre respiration suave et paisible, comme elle le dit. »

Il regarda Mathilde, elle avait cassé le silence naturel qui s’était imposé entre eux.

-« Oui, mais ça ce n’est pas une nouveauté, c’est d’ailleurs pour ça qu’elle m’a accompagné après ma victoire. Cependant j’ignorais qu’elle venait me voir pendant que je dormais, cela ne m’étonne pas, elle fait parti d’une race elfique exceptionnellement discrète et rapide. Va falloir que je règle ce problème. »

-« Attention, je compte sur vous pour que ceci reste entre nous, je ne tiens pas à me retrouver rejeter par tout le monde pour ce que je vous ai dis. »

Le prince Everlord acquiesça de la tête et la regarda avec un sourire en coin, enfin ils pouvaient se reparler sans gêne. Ils parlèrent de tout et de rien, plus de rien que de tout mais finalement, ils arrivèrent à la forêt la plus belle et la plus grande du royaume avec un petit pincement au cœur à la vue de la couleur orangée que prenaient les aiguilles des mélèzes.

C’était rare qu’il vienne jusqu’ici, d’habitude, il ne prenait pas la peine d’aller si loin, mais on pouvait dire que c’était un peu une exception en ce jour. Il décida de revenir par un autre chemin, qui sortait un moment de son royaume, mais par là, les guerres ne faisaient pas rage ou du moins, n’affectaient en rien son royaume. Il traversa un petit village, en ruine, comment avait-il pu être détruit si près de chez lui sans qu’il en soir averti ? Il comprit tout de suite la raison, ou plutôt Mathilde la compris, en trouvant une maison qui laissait échapper quelques volutes de fumée à peine visible, c’était il y a quelques jours, pas plus.

-« Apparemment, ceux qui ont fait ça été discrets et très bien entraînés, pour que nos sentinelles ne détectent rien, même pas la fumée, comment… ?

-« Des ombres, ces créatures répugnantes et ténébreuses tentent de revenir polluer nos terres de leurs déjections. Ils se permettent de détruire tout ce qui barre leurs chemins, autrement dit, je pense que nous pouvons expliquer leur visite sur nos terres. »

Il fut prit d’un petit rire

-« Ah ah, non mais ils croivent vraiment que ces gueux en cape noire peuvent m’effrayer ? Je pense qu’ils vont avoir une belle surprise. Rentrons, j’ai une attaque à mener, je connais quelqu’un qui pourrait prendre pour ce massacre, je me ferais un plaisir de l’éradiquer doucement, mais surement. »

Le ton dur, Mathilde savait que ce n’était pas le temps pour elle de discuter ses ordres. Il était déjà parti au galop, l’écho des sabots de son cheval résonnait tel le roulement du tonnerre dans une vallée, cela n’annonçait rien de bon. Elle grimpa elle aussi sur son cheval et tenta de le rattraper, ce qu’elle fit quelques instants après.

Il se tenait immobile sur son cheval, là, plus loin devant elle. Elle ralentit l’allure de son destrier et arriva en silence à sa hauteur.
Sur le chemin, plus loin, une personne marchait doucement en s’éloignant d’eux, traînant des pieds, emmitouflée dans une sorte de grand drap.

Le grand cheval noir d’Everlord henissa nerveusement, suivit des coups de sabots furieux de la bête de Mathilde sur le sol détrempé.
C’est alors que la personne cessa tout mouvement et se retourna vers leur direction, puis entama une marche suppliante vers eux. Les chevaux prit de panique ruèrent, mais ne désarçonnèrent pas leurs cavaliers aguerris.

-« Qui êtes-vous ? »

Le ton dur et souverain du prince était pincé, hésitant et emprunt à la panique, mais il se contrôlait, tandis que la personne ne répondait pas.

-« Je suis le sir Everlord, du royaume d’Esser, vous foulez mes terres, je répète ma question…qui êtes-vous ? Et qu’est ce qui vous permet de vous introduire chez moi ? »

En retour, un grondement sourd, le ciel s’était encore assombri et de grosses gouttes s’écrasaient sur le petit chemin, soulevant des tas de boue.
Elle s’était arrêtée et le prince Everlord fut prit d’un malaise, son cœur s’arrêta, son visage se figea. Un éclair bleu avait jailli de sous le drap, à la place des ses yeux. Ses yeux… bleus comme le plus clair des diamants qu’on puisse trouver sur les îles. Le cheval d’Everlord rua si fort, qu’il envoya son cavalier une centaine de pieds plus loin.

-« NON !! Sir… N’approchez pas vil…où vous goûterez de la pointe de mon épée, si tranchante qu’elle soit. »

La reine Mathilde s’adressait à la créature, tout en se dirigeant vers le prince.

Puis un éclair jaillit, tout s’éteignit.
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Mathilde
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MessageSujet: Re: la femme ombre et le prince envoûté   Dim 10 Jan - 17:22

Le bruit de la pluie sur le sol devint lointain, la belle Mathilde s’effondra à terre, terrassée par une force qu’elle ne saurait décrire. Elle se savait perdue et pensa une dernière fois au prince, à son amour, à celui qu’elle avait toujours considéré comme sien.

Ce qui semblait être une éternité plus tard, la jeune femme ouvrit les yeux et émergea doucement d’un sommeil bizarre. Elle avait vu, en rêve, des ombres la hanter, la mort de ses proches dans des combats légendaires, du sang, des cris, des pleurs d’enfants qui se voyaient séparés de leurs mères, violées puis tuées sans aucun remords.

Elle bougea un par un les différentes parties de son corps pour s’apercevoir qu’elle n’avait aucun os de cassé. La pluie tombait toujours, mais moins forte. Le chemin était saturé d’eau et de nombreuses flaques étaient visibles. Les arbres laissaient tomber de grosses gouttes, qui faisaient planer sur le moment, une atmosphère calme. Pas un chant d’oiseau, pas un bruit de déplacement d’une fouine ou d’une souris dans les feuilles fraichement tombées.

Elle se releva et tourna sur elle-même, aucune trace du jeune prince Everlord. Etait-il mort ? Blessé ? Abandonné à lui-même ?
Non, il ne l’aurait pas laissée ici si il était encore en vie et en route pour son royaume, il devait y avoir un rapport avec cette étrange personne qui avait causé son malaise.

Qui était-elle ? Avait-elle envi de lui faire du mal ? De s’en prendre à son prince ? Pourquoi ne nous a-t-elle pas parlé ? Est-elle nuisible ?
Autant de questions sans réponses qui trottaient dans la tête de Mathilde.

Elle décida de partir à la recherche de son prince, mais d’abord elle devait retrouver son cheval, sa monture avait dû s’enfuir après qu’elle est été désarçonnée. Elle pensait le trouver pas trop loin.

Il fallait un point de départ, son instinct la forçait à retourner vers le petit village, mystérieusement dévasté.

Elle entama une marche pénible, trempée, boueuse, ses cheveux humides et emmêlés la rendait beaucoup moins noble et dans un souffle de vent, ses cheveux s’envolèrent derrière elle en laissant planer un son de trompette : L’armée d’Esser partait en guerre.
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