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 [1] Un vent de panique souffla sur la capitale

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éorus
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MessageSujet: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Sam 8 Nov - 20:45

Une quinte de toux se déclencha alors qu'elle venait de convoquer l'un ses soldats. Eolia vit de nouveau apparaitre une taceh de sang sur sa main protégenat sa bouche. Ou plutot sur le gant ornant sa main car l'hastratrice n'ose plus montrer les taches noires sur ses avant bras démontrant l'avancée de sa maladie. Le temps de lancer son plan était arrivé, il lui fallait réunir tous les ingrédients proprices à sa regénération dans son plan.

Dame Eolia, me voilà, vous m'avez fait demander?

Oui, j'ai une mission pour toi. J'aimerai que tu ailles ici. Eolia lui transmit le plan d'une maison situé près des remparts de la capitale. Tu devra donner cette lettre à un homme nommé Delies. Fait lui bien comprendre que mon ordre n'est pas négociable et n'hésite pas à lui rappeler que je l'ai sorti de prison.

Bien ma dame, je m'y emploi immédiatement.

Eolia le regardait partir quand une nouvelle crise de douleur lui traversa l'échine. Delies était un homme totalement fou capable des pires crimes meme s'il essayait de se controler. Cette lettre lui intimait tout simplement l'ordre de ne plus se retenir et de laisser libre cour à sa folie. Bientot, la population n'osera plus sortir la nuit et se encleinte à passer à la seconde phase de son plan. Le terminaplouk n'avait héla pas pu remplir son role car il s'était enfui de la capitale.
Ce qui serait à déplorer, c'est la perte de son soldat car la dernière phrase de la lettre était qu'il ne laisse aucune trace. Delies comprendrait la remarque et son garde allait donc remplir son ultime mission. Mais celà était nécessaire, aucune preuve ne devait remonter à elle, son mentor sur cette terre lui avait bien appris cela.


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Delies
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Dim 9 Nov - 1:17

Dans le silence de la nuit, des coup sourd se firent entendre, essais infructueux d'un garde frappant de toute son énergie contre la lourde porte de bois bardée de fer qui semblait le dominer comme le Cerber des enfers. Moi, je n'avais pas envie de répondre. Occupé que j'étais à finir de tremper la lame que je venais de forger dans un bain de sang maintenu liquide par une magie dont je ne connaissais pas les secrets. Sa soeur avait été terminée une semaine plus tôt. C'était elle qui avait tranché le jarret d'une biche sauvage afin d'abreuver sa future jumelle. Ces deux lames, et toutes les autres, étaient des armes morte née. Des armes qui ne serviraient jamais. Tel un oiseaux né dans une cage trop basse et étroite pour qu'il puisse y déployer les ailes. Ces deux jumelles, n'étaient dès lors que des enfants en sursit. Dépendante d'un sang animal, malsain, immonde, nauséabond, putride... Ma vision fut cernée de noir un instant et je vacillai. Et ce fut à cet instant que l'importun sembla se résigner à crier.

Messire Delies, je ne voudrait pas vous importuner mais j'ai ici une lettre de dame...

Violemment, j'ouvrai la porte pour faire taire l'ignorant. Evidemment que je savais qui était cette dame. Qui d'autre oserait m'appeler Delies ainsi? Ou plutôt eu il fallut dire: Qui eut put ? Sans mot dire, j'arrachai la missive des mains du garde et entreprit de lire le court message de celle que je considérait presque comme ma maitresse. Et ce message était sans équivoque. Chien j'étais, loup je pouvais redevenir. Et mes crocs enfin pourraient connaitre la jouissance de la vie. L'homme esquissa un mouvement de recul devant la noirceur qui venait d'envahir mon regard. Reprenant consistance, je lui parlai sur le ton de la plaisanterie:

Je m'excuse si j'ai pus vous faire peur, mais ne partez pas, je ne pense pas que qui vous savez apprécie que vous reveniez chez elle sans la preuve de votre venue en ce lieu. Mmmmh... Je pense qu'une de mes dernières créations devrais convenir.

Devant son regard intérogateur je poursuivis :

Je parle d'armes bien sur. Je suis forgerons, et même si peu connu... Notre dame les reconnaitra. Veuillez me suivre je vous prie.

He bien.. je dois bien avouer que ma main endolorie dans le froid nocturne apprécierait la chaleur d'un âtre... Bref, je vous suis avec grand joie noble forgeron.

Sans ajouter de mots à ses paroles vides de sens, je l'emmenai dans une petite pièce ou un feu brulait au fond de la cheminée. Je n'eut même pas de mot à dire pour qu'il se précipite sur l'un des fauteuil rembourré décorant le salon. Il allait se gaver de feu, et moi, j'allais enfin pouvoir nourrir mes chers enfants. Le sang animal ne pouvait leurs convenir, je le savais pourtant... je le savais. Oui, je le savais. Je le savais, je le savais, je le savais...

Nouvelle chute de tension, nouvelle perte d'équilibre. Mais c'était fini tout cela. Elle m'attendaient toute les deux. les seules qui avaient survécue. Et l'ordre de dame Eolia leur conviendrait à ravir. Pour elles trois, j'allais cesser de me retenir. Et cet ordre délicieux, je ferais tout pour que ma maitresse reconnaisse ma marque. Et cela commencerait par ce petit être immonde qui attendait dans le salon. Mes filles allaient l'embrasser, le réchauffer. Oui, tout cela.

Un sourire bienheureux plaqué sur mon visage, je sortis Ilin de son bain purificateur, arrachai Elen de son mur froid et entreprit la descente de l'escalier menant au salon. Tentant d'imiter les noble dans un pitoyable pantomime. Sans bruit, je m'approchai de lui. Il n'eut que le temps d'ouvrir la bouche pour parler qu'Elen arracha le bout de chair inutile qui bouchait l'entrée de sa gorge. Ilin, elle, pénétra profondément dans les profondeurs sinueuses de son être. tranchant artère, nerfs, muscles et os. Et le son merveilleux qui sortit de sa gorge au moment ou ma lame séparait définitivement le haut de son crane de sa machoire inférieur m'enchanta comme aucun autre n'avais put le faire depuis si longtemps. Son corps s'affaissa à mes pieds, éclaboussant le tapis à peine acheté d'immonde taches sanglantes. Mais qu'importe, je n'avais pas le temps, cette fois, de faire plus de tracas. Ma vie de forgerons était finie. Et le meilleur moyen d'en assurer mon esprit était de bruler ce lieu. Mais pas avant... Pas avant d'avoir mis en place mon nouveau final... Un Corps dont la tête était à moitié découpée pendu à une poutre dépassant d'une maison voisine. A ses pieds, le reste de la tête.

Sans doute aurais je pus passer plus de temps à admirer le spectacle. Mais je n'avais pas le temps, lui n'étais que le prélude à la mélodie qui s'annonçait. La nuit m'en était témoin.

Sans bruit, je m'avançait dans la nuit. Vers celle qui m'attirait depuis des lunes déjà. Elle qui avait perdu son maris et s'occupait de son enfant. Seule comme je l'étais. Je comprenais sa douleur. Mais je lui refusais le droit de la posséder. Et elle devrait le comprendre. Je connaissais son habitation par coeur. Sans y penser, j'avais prévus sa mort. Son offrande à mes filles. Mais cette fois, j'en avais reçus l'autorisation.

Alors, sans bruit aucun, je rentrai par une fenêtre si simple à crocheter qu'elle eu sembler m'appeler. Comme cette femme dans ce lit. Et ce couffin à ses coté. Un tableau qui eut été si beau si je n'avais pas été la. Souillant par ma présence leurs âmes et leurs corps.

Mes chérie, vous qui êtes né de mon âmes, je vous les offres. Plus que cet immonde animal se targuait d'être humain, elle, elle saura guérir vos appétit.

J'avais parlé à intelligible voix, et la femme sortit peu à peu de sa torpeur. Se roulant, s'étirant. Elle ne semblait pas me percevoir... Comme si je n'étais qu'un rat invisible. Mes pas faisant craquer le sol, je m'approchai d'elle, et approchant mon visage du sien, je lui tranchai les corde vocales. Sans plus de mots ou de geste, c'était si simple au fond.

Elen trancha le bout de chair inutile qui servait aux êtres intelligent a s'exprimer. ces sons inssuportable qu'ils ne pouvaient s'empêcher de produire sans raison valables. Ilin fit le travail que sa soeur avait prit plaisir a effectué plus tôt dans la soirée. Mais le tableau ne pouvait finir ainsi. Même pendue au dessus de ses yeux et de son nez, ma pièce ne pouvait manquer de la composante principale... Le son. Et quoi de mieux me direz vous que les hurlements d'un nourrisson hurlant pour appeler sa mère alors que le lit à coté duquelle il se trouve se met à bruler.

Tandis que je quittai les lieux dans la nuit, les pleurs, les cris des voisins découvrant le macabre tableau et les cloches des pompier résonnaient à mes oreilles comme une renaissance trop longtemps attendue. Elle avait ordonné que je cesse de me contenir, je ferais tout pour me montrer digne de ses désirs.
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Delies
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Lun 10 Nov - 19:05

Une nuit de silence, deux journée de lumière. Sans doutes était ce la ma définition du calme. Un calme propice à marquer au fer rouge les évènement de la nuit de mon réveil. Un temps mit à profit pour préparer le second acte de ma pièce. Sans que quiconque ne se pose la moindre question sur ce pauvre hère qui deux jours durant avait tourné autour de l'entrée principale de la ville. Pour eux, je n'étais qu'un manant en quête d'une pièce qui alourdirait ma bourse rapiécée. J'étais presque sereins dans ces moments...

Mais quand la lune vint réchauffer de sa lueur froide la ville crépusculaire, mes filles se mirent à réclamer leur pitance. Commençant par devenir de plus en plus lourdes à ma ceinture, devenant de plus en plus froide. Au fur et à mesure que la déesse nocturne poursuivait sa course dans le ciel parsemé d'étoile, elles tremblaient. Transies de froid et de faim. Je les sentais contre mon corps, hurlant presque pour que je leur accorde la délivrance de la chaleur corporelle.

Et c'est à l'heure ou le froid est le plus fort que nous agîmes. Un pas vacillant, un autre... Je tombai proche des gardes. Hilare, l'un des deux se rapprocha:

A force d'abuser de l'alcool frelaté qui doit te servir de boisson, tu ne pourra plus jamais marcher droit manant. Regarde la, je vais t'aider à te purger...

Et partant d'un grand éclat de rire, l'homme m'asséna un coup de botte dans les tripes. Sans cesser de me rouer de coup, il appela son complice qui, trop joyeux de participer, ne se fit pas prier pour le rejoindre. Les coups tombaient comme une pluie sur moi. Ouvrant d'anciennes blessures oubliées. A chaque coup porté, la douleur se changeait en chaleur. Parcourant mon corps comme une rivière inondant les plaines arides. J'étais comme plongé dans un bain de sang chaud, apaisant et décrispant. Sous les coups et les rires, je me donnait l'impression de renaitre. Et comme pour marquer cette renaissance, le sang se mit à couler de ma gorge, comme me purgeant d'un répugnant contenus.

Ecoeuré, les hommes se reculèrent légèrement entre deux traits d'humour injurieux envers ma personne. Au fil de mes déglutition, je sentais monter du plus profond de mon corps les deux restes de mon précédent méfait. Deux bouts de chair que j'avais avalé quelques heures plus tôt à peine. A peine furent ils sortit que l'un des soldats déclara en éclatant de rire:

Et voici donc le dernier rat engloutit par ce pisseux.

Souriant de toute mes dents, le visage toujours tourné vers le sol où je vomissais, je prononçai les mots qui devaient clôturer la scène I du second acte.

Me...mes langues, rende moi le langues... j'ai tranchées... A moi

Les gardes se regardèrent apeuré et l'un d'eux s'approcha des reste de chair.

Sans bruit aucun, je me relevai en tournant sur moi même. Dégainai mes deux armes et, dos à mon adversaire, fit glisser le fil d'Elen le long de son coup, coupant définitivement les connections entres sa tête et son corps. Ma cape s'effondra sur le sable tandis que je poursuivais la chorégraphie minutieusement étudiée et répétée. Les lames volaient, sifflaient, coupaient. Paralysant ma victime et hipnothisant son amis. Chaque tour semblait priver l'homme d'un de ses sens tandis que mes yeux verts émeraude se plongeaient dans ceux de son allié impuissant. Ses deux mains furent tranchées, sa langues arrachée, ses yeux énucléés. Tout en le maintenant en vie, je sculptait sur son corps le symbole de mon existence. Un lieu ou l'on était enfermé en soit même, privé de la conscience des autres.

Prostré a genou devant le vide qui s'ouvrait désormais à ses sens, ma création était parfaite. Et son amis le rejoindrait bientôt. Serpent désormais, je m'approchai de lui aussi lentement qu'il m'était possible. Perdu dans la contemplation de l'horreur, je savais qu'il ne bougerait plus. Il attendra la mort, il attendra la fin de sa vie, il m'attendrait. Aussi sereinement qu'une mer piégée dans une criques protégée du vent. Cette fois, la danse n'étais plus de rigueur. Mes lame transperça, découpa, paralysa, sans qu'il ne réagisse ou ne crie. Ilin finit le travail en arrachant la peau des membres arrachés.

Mon second actes n'en était qu'a ses prémices, mais la scène 1 devait se terminer. Je positionnai les hommes l'un en face de l'autre, vivant, incapables de bouger, de parler, de voir, d'entendre, de toucher et de sentir. Devant eux, comme présenté à la vente, chacun de leurs bouts de chair manquant était posé sur la peau qui jadis les contenait.

Ni feu ni cris cette fois, le rideau ne tomberait qu'à la fin de l'acte. Dans le ciel, la lune n'avait qu'a peine bougé. La lutte silencieuse n'avait qu'a peine duré. Et sans que personne ne s'en rende compte, deux gardes avaient été torturé et laissé en vie.
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La foule
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Mar 11 Nov - 3:15

Peur, crainte, incertitude, méfiance, tant de mots qui pouvaient définir l'état d'esprit du peuple à cet instant. Sorah était sortie pour faire son marché, acheter les denrées nécessaires puis rentrer se barricader chez soi, se réchauffer et se réconforter d'être encore en vie au près de sa famille. Tout était propice à dresser l'oreille, la foule fuyait les zones sombres, les gens frémissaient aux moindres frôlements. Soudain ce qu'elle avait toujours imaginé depuis le début de la journée apparu. Son regard avait était attiré par un éclat de lumière au niveau de la jambe d'un jeune homme. Celui-ci avait lui-même été provoqué par le reflet de l'acier de la lame que tenait le jeune homme dans sa main. Une lame, un jeune homme capable de terrasser deux gardes. Son sang se figea alors et Sorah utilisa entièrement la puissance de ses poumons pour hurler son avertissement.

Fuyez! L'assassin est là, lame à la main! Sauvez votre peau pendant qu'il en est encore temps!

Un mouvement de panique pris dès lors possession de la foule. On courait dans tous les sens, hurlait et piétinait les miséreux qui n'avait pas pu tenir le choc de la débandade. Quelques braves personnes aidaient les gardes à maîtriser le suspect et quelques minutes plus tard, la rue devenue déserte on put interroger le porteur de la lame n'étant autre qu'un couteau de boucher. On put apprendre que le suspect n'était autre qu'un brave jeune homme apportant le couteau préféré du boucher qu'il venait de réparer. Même s'il y avait eu erreur sur la personne et que personne n'avait été tué, la panique ne quitta pas les esprits, on ne pouvait plus faire confiance, même pas à son voisin, à ses amis, on restait cloîtré, seul ou avec sa famille, attendant que la tempête s'arrête. Les prochains jours s'annonçaient des plus sombres.
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Delies
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Jeu 13 Nov - 1:20

Le vent commençait à souffler sur la citée éternelle. Soulevant sable et poussière. Chassant l'air putride des ruelles oubliées. Le vent soufflait, un vent immémorial qui finissait toujours par se lever. Un, deux, trois, une dizaine... Ce vent pénétrait le cœur des gens comme le froid perçait les vêtement trop léger. Un vent qui deviendrait bourrasque puis tempête. Un vent qui charrierait le sentiment poisseux et collant de la crainte.

Dans les ténèbres de la ville, je me changeait, préparant la deuxième scène de mon second acte... Je pourrais bientôt profiter du sang...mais pas encore, pas encore. D'abord, il fallait respecter le désir de mes filles. Et cette pièce, je la leur avait promis... Alors... Alors je devais respecter ma promesse...
Le métal froid autour de mon coup me ramena à la réalité. La chainette d'argent lestée de perle noire semblait faire échos aux reflets de mon âmes. Ces perles... cela faisait si longtemps que je n'avais pus les faire rouler entre mes doigts... Ces bijoux... Ces anciens sacrifiés... Ce collier avait appartenu à une mère aimante. Cette bague ornée d'ambre rouge à un général. Quant au bracelet, je l'avais pris en même temps que la vie de mon géniteur. Il avait sourit... Il était si beau. Ce sourire quand mon premier fils, une épée courte ouvragée, avait tranché sa jugulaire. Comme si je l'avais sauvé d'une sinistre mort. C'était si bon ... Ce sang qui coulait sur mes doigt, ce gout métallique et électrique contre ma langue, ce poids dans mon ventre quand le sang se coagulait au plus profond de mon être. Mais je ne devais pas... Je ne pouvais pas. Tout devait être parfait.... Tout.

Mes pas me portaient vers le lieu de mon phantasme. L'une des principales banque de la ville. Ses hautes colonne de marbres rose et blanc. Sa porte massive cloutée. Et ses coffre, lieu inviolable entre tous... Mon corps désormais n'était plus le miens. Je devenais a nouveau un autre. Vaniteux et nobles dans ma livrée blanche et or. Chaque pas était étudier, mon port était parfait. nobles je devais être, noble j'étais.

Ma canne claqua contre le sol noir nervuré. Un homme accourut aussitôt:

Puis-je savoir ce que vous êtes venu quérir ou déposer en ce lieu ? Noble maitre.

... Mon coffre... Voici la clé.

Une clé en os comme le voulait la coutume de l'établissement. L'une des nombreuses raisons qui m'avaient amené à le choisir pour y préparer, des années à l'avance, l'une de mes oeuvres. Bien que la principale qualité de cette banque soit la règle de silence que les employé se devaient de respecter au mieux. Nulle paroles vaine ne pouvaient être prononcée... Que demander de mieux.
L'homme en livrée noire me laissa déposer la clé dans ses mains tendue en coupole. Et sans un mot, il tourna les talons et se dirigat vers l'entrée du hall aux coffres. Je lui emboitait docilement le pas. Dans le calme régnant, les pas des différents client et employée résonnaient en douce mélodie à mes oreilles. Anxiété, désir, peur, fatigue... Chacun avait ses propres notes, ses propres accords, son propre rythme.

C'était presque sans m'en rendre compte que j'étais arrivé au coffre. Une porte de fer forgé dirigé par un mécanisme que je ne comprenais ni n'imaginais. Le cliquetit entendus, la porte semblait perdre son poids, sa force. Et c'était sans résistance que le coffre s'ouvrit. A l'intérieur il n'y avait rien. Rien que le vide. Mon vide. Un vide comblé par une tache de sang, puis deux. Silencieux jusque dans la mort... Je l'aurait sans doute admiré des années plus tôt.
Mes lames découpais chair et tendons, os et ligament. Sans que quiconque ne se doute de mon oeuvre. Comme les autres, je l'avais privé de sa langue. Même dans cette banque, les rares mots qu'il avait prononcé étaient de trop. Mais ce n'était qu'un détaille. Mains, doigt, coude, genoux, tout avait été séparé et recceuillit dans un sac couleur de chair sortit de la magie de mes lames. C'était si simple... Cette banque était parfaite. Nul ne s'inquieterait de me voir revenir seul avec mon sac sur le dos. Si parfaite était cette banque ou les coffres étaient aussi simple a ouvrir qu'ils étaient long à fermer. J'avais du mal à me retenir d'arborer un sourire de jouissance devant cette création qu'on aurait dit faites pour moi.

Au dehors, comme chaque jours, la procession de boeuf quittait la ville soulevant poussière et sable. Et comme habité d'une volonté propre, le sac glissa de mes épaule à ce moment. Comme au ralentit, je voyais le sac s'écraser contre les marches. Ouvrant sa face intérieur sanguinolente. Perdant son contenu si précieux. L'odeur était forte...si forte qu les humaines ne la sentaient pas. Cette odeur de sang frais, de mort et de fer. Ils étaient insensibles à ces merveilles.... Mais pas les boeufs.

Ombre dans le sable, je tranchais le jarret de l'un d'eux avant de disparaitre à nouveau. Pour aujourd'hui, c'était suffisant... oui, suffisant.


Dernière édition par Delies le Sam 15 Nov - 21:20, édité 1 fois
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Le Goéland
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Sam 15 Nov - 18:02

Je suis contente que tu passes moins de temps au travail. Je vais pouvoir t’accaparer un peu.

Il la fixait d’un regard perçant, comme s’il cherchait derrière ses orbites une lueur d’intelligence qu’il n’avait pas encore découvert. Elle était jolie, et il l’aimait, mais elle n’était vraiment pas du genre à avoir inventé l’eau chaude. C’était d’ailleurs sûrement la raison pour laquelle il l’aimait, elle était son morceau de simplicité à lui, dans sa vie qui avait été (et serait peut être encore) si mouvementée et compliquée.

Une dizaines de lunes plus tôt il avait eu une promotion et sa vie était devenue plus tranquille. Il était maintenant sous les ordres de l’hastration, il n’avait jamais vu les Hastrateurs eux-mêmes, non. Il restait toujours un sous-fifre très peu utile mais vu qu’il était plutôt bon dans ce qu’il faisait on lui avait filé un titre et la paye qui va avec, pour être bien vu de la population.Avant il s’occupait de la sécurité dans son quartier, il avait traqué, piégé et emprisonné (ou éliminé pour les récalcitrants) tous les violeurs, sadiques, psychopathes et voleurs à cinq kilomètres à la ronde.
C’était en quelques sortes, le garde fou, le sheriff du coin. Et le respect que lui portait les habitants avaient fait qu’il était devenu la seule chose qui restait à craindre dans les alentours.


Puis quand ils étaient arrivés en lui proposant deux fois plus de salaire et du temps pour lui, il avait dit oui. Il l’avait fait pour elle, lui il n’avait aucune confiance dans ce genre d’administration, mais il l’aimait elle.

Tu sais, si j’avais jamais eu ce boulot, je serais déjà mort sur un champ de bataille en servant de mouton à un de ces seigneurs aussi débile que puérile. Et toi, toi tu serais entrain de servir d’instrument de distraction, occupant une toute petite partie du harem de ce même seigneur, ou d’un autre.
Donc, Daphnée, je pense que tu devrais plutôt te réjouir qu’on ait échappé à ça. D’autant que j’ai rien arrêté, j’ai juste… changé d’échelle.

Il continuait de plonger intensément son regard dans le sien. Puis il attrapa son verre devant lui, rempli d’un alcool au nom loufoque directement payé par les instances du Doux pour le remercier de ses « bons et loyaux et services ».

Elle s’approcha de lui et s’assit sur ses genoux. Elle commença à l’embrasser et lui susurra à l’oreille :


Je veux juste qu’on passe un peu de temps ensemble.

Il lui souria franchement.


Et c’est exactement ce qu’on va faire.


Il la prit par la taille et l’emmena dans la chambre avant de la renverser sur le lit.


Blam ! Blam ! Blam !


Les trois coups résonnèrent contre la porte comme la fin brutale d’un agréable rêve. Comme la reprise des hostilités après une beaucoup trop courte période de paix, pourtant bien méritée. Comme la violente redescente dans la réalité après la purge sanguine des substances psycho actives précédemment ingérées.


C’est qui ?


Quelqu’un qui repassera demain s’il a vraiment quelque chose d’important à faire savoir.


Elle eut un petit rire et ils reprirent où ils en étaient.

Blam ! Blam ! Blam !


Les trois nouveaux coups signifièrent clairement que la porte s’ouvrirait de toute façon, de gré ou de force.


J’espère que c’est au moins la fin du monde.

Il se leva brutalement, sortit de la chambre torse nu, se dirigea vers l’entrée d’une démarche hargneuse et ouvrit la porte d’un geste ferme mais énormément contenu. Puis il interrogea du regard les deux visiteurs comme s’ils étaient des vers de terre qui le dérangeaient dans sa mortuaire tranquillité.


Joe Artiana ?


Ouais. Répondit-il dans un mélange de soupir et de mépris.

Du boulot pour vous.

L’autre homme, qui était en arrière de celui qui avait parlé, fit étinceler habilement un badge qu’il portait au niveau de la poitrine. On pouvait y lire : « Aux services de l’Hastration. »Joe ne proposa même pas de reporter « le boulot » au jour suivant, se doutant qu’il perdrait encore plus de temps en vaines négociations. Il retourna dans sa chambre et s’habilla et contempla la tristesse dans le regard de Daphnée.


Je dois y aller.

Reviens vite, s’il te plait.


Il rejoignît les deux hommes et il les suivit, refermant la porte derrière lui. Ils marchèrent vers trois chevaux, puis ils chevauchèrent pendant une quinzaine de kilomètres au Nord-est. Ils étaient toujours dans la capitale mais dans une espèce de quartier rupin dans lequel il n’avait mis les pieds.Un des deux hommes indiqua en étendant son bras une immense baraque aux allures nobles, voire plus.


Troisième porte à gauche. Elle vous attend.


Qui ça ?

L’hastratrice Eolia. Elle veut vous expliquer elle-même votre mission.


Il se posait beaucoup de questions. Les personnes les plus influentes qu’il avait vues dans sa vie étaient des seigneurs de bas étage avec qui il n’était pas resté en très bons termes, pas du tout même. Et là, aujourd’hui, ce soir, un hastrateur lui-même – ou plutôt une hastratrice – voulait lui confier une mission qui ne pouvait pas attendre une minute de plus ?

Il entra dans le palace qu’on lui avait indiqué et frappa à la fameuse troisième porte à gauche. Une voix féminine lui intima l’ordre d’entrer.

Il s’exécuta : il ouvrit la porte et pénétra à l’intérieur…
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éorus
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Dim 16 Nov - 23:07

Eolia vit enfin l'homme qu'elle attendait entrer. Il lui avait fallu du temps pour réfléchir à la meilleur façon de tirer profit de la panique dans la ville et elle avait fini par trouver et cette personne allait l'aider à réaliser ce plan.

Entrez M Artiana, et veuillez vous asseoir.

Eolia attendit quelques secondes avant de continuer de parler.

Si je vous ai fait venir ici, c'est dans un but précis. Vous n'etes surement pas sans savoir que de nombreux meurtres ont lieu en ce moment meme dans la capitale et apparemment, la garde est incapable d'y faire face. Je vais vous ait donc fait venir ici afin que vous arriviez à découvrir qui est à l'origine de ces meurtres et que vous l'arretiez, de manière définitive si vous voyez ce que je veux dire.

L'hastratrice le fixa dans les yeux afin qu'il comprenne bien ce qu'elle voulait. Elle souhaitait que delies soit exécuté immédiatement et non seulement arreté.

On m'a rapporté que vous étiez compétent dans le domaine de résuodre des enquetes, et je veux dont que vous portiez toute votre attention à celle-ci. Sachez que je souhaite que vous enquetiez dès maintenant et si on vous pose des questions, dites que vous venez de la part de l'hastratrice Eolia qui en a marre de voir mourrir le peuple d'agueraton. Si vous avez des questions, je suis pret à y répondre ,autrement veuillez vous mettre tout de suite à la tache, l'homme que vous verrez en sortant vous communiquera toutes les informations sur les meurtres.

Eolia avait eu une idée lumineuse. La panique créé chez le peuple rendait la population méfiante envers le pouvoir en place incapable de le protéger. Si l'enquete était ratée, on reporterait la faute sur l'intendant et le doux, par contre, si l'enquete réussissait, on dira que c'était seulement grace à dame Eolia. Dans tous les cas, elle sortait gagnante.
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Le Goéland
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Lun 17 Nov - 2:45

La pièce était aussi cossue que l’extérieur mais Joe ne s’attarda pas longtemps sur le mobilier. Il traversa l’hastratrice de son regard bleuté de détective et la jaugea, elle n’avait vraiment rien de spécial, il la trouvait même beaucoup moins belle que Daphnée.
Il obéit machinalement quand elle lui proposa de s’asseoir. D’un geste qui voulait simuler la nervosité, il commença à tripoter discrètement les quelques objets qui parsemaient le bureau d’Eolia : il travaillait déjà.
Il remarqua une abondance de lettres et reconnut parfois quelques noms, mais il n’eut pas le temps de lire leur contenu, il aurait été immédiatement repéré. Il pouvait lire deux trois mots par ci par là avec des coups d’œil rapides et invisibles mais il lui aurait été impossible de saisir la teneur de l’écrit sans qu’Eolia ne remarque qu’il lisait.
Elle lui parla de meurtres dont il n’avait pas encore entendu parler, il était plutôt plongé « dans » Daphnée cette dernière semaine et n’avait pas eu le temps de trop se renseigner, un voisin lui avait juste parlé d’incendies étranges dans un quartier dont il ne se souvenait plus le nom.
Il remarqua l’ordre implicite qu’elle lui donnait : assassiner l’assassin. Ca n’avait jamais été dans ses principes, il faisait la loi, lui, il n’était pas l’un d’entre eux. Les seuls qu’il avait tués c’étaient pour cause de légitime défense ou parce qu’ils fuyaient… sauf le tailleur. Quand Joe avait retrouvé la dépouille mutilée et souillée de sa sœur, il avait étranglé cet enfoiré jusqu’à sentir sa carotide refroidir. Son collègue l’avait couvert, il avait expliqué que le tueur avait saisi une lame rasoir et s’était jeté sur Joe, ce qui était parfaitement faux : le tailleur les avait attendus, assis sur une chaise en face du cadavre et n’avait pas bougé ni crié quand Joe l’avait insulté et tué.
C’était cette image que Joe gardait en tête, l’image du tailleur dans sa cruelle stoicité, cette image lui donnait toute la force et la rage qu’il avait besoin pour son boulot.
Mais il ne tuerait pas l’assassin dont il était question, pas s’il pourrait faire autrement. Lui il cherchait, il enquêtait et il enfermait, pas d’histoires de pouces levés ou de pouces baissés. Et c’était pas cette Hastratrice douteuse qui lui ferait changer ses principes, à lui, Joe Artiana.
Il s’était laissé aller dans ses pensées jusqu’à la fin du discours d’Eolia, il ne perçut que le « si vous avez des questions », et il voulut aborder le thème de sa rémunération mais un cliquetis retentit derrière lui et attira son attention. Il devait s’agir de « l’homme que vous verrez en sortant », il tenait une bourse dans chaque main ce qui réglait le problème de l’argent.
Joe se leva adressa un signe de tête à l’Hastratrice et lui dit simplement :


D’ac’.


Puis il rejoignit l’homme, celui-ci lui tendit une bourse, puis l’autre.


Une pour mener à bien la mission, l’autre pour vous. Vous en aurez quatre autres à la résolution de l’enquête. Je m’appelle Olric, et vous nous dirigerez moi et deux autres collègues pendant cette affaire. Sachez que je suis enchanté de travailler avec vous, Mr Artiana.
Alors deux gardes ont été torturés, on les a emmenés à l’hôpital, à quelques pâtés de maisons d’ici. Je n’y suis pas encore allé, mais il parait que c’est pas beau à voir. Et ils sont toujours vivants. Suivez-moi je vous prie.


Joe ne prononça pas un mot et suivit Olric. Il soupesa les bourses et pensa à la somme que cela représenterait à la fin de l’enquête. De quoi oublier le tailleur et partir avec Daphnée, peut être même qu’il arriverait à être heureux.
Ils entrèrent dans l’hôpital, se dirigèrent vers la chambre, croisant des magiciens en médecine et autres guérisseurs.
A l’instant où ils pénétrèrent dans la chambre où étaient allongées les deux victimes, une odeur âpre et forte de sang séché se fit sentir. L’estomac d’Olric ne tînt pas le coup, l’odeur couplée à la vue des deux corps déchiquetés toujours respirant fit qu’il rendit son déjeuner sur le sol de l’hôpital.
Joe leva les yeux au ciel.


Et c’est tout ce que peut se payer l’hastration ? Des mecs qui supportent pas l’odeur du sang ni sa vue. Tu lui feras quoi à notre tueur quand on l’aura trouvé, tu lui gerbes dessus pour qu’il soit inconforté par l’odeur ? Ou peut être que tu te pisseras dessus pour qu’il ait pitié de toi.


Joe envoya une grande taloche derrière le crâne d’Olric pour qu’il se ressaisisse puis il lui tendit un mouchoir. Il alla ensuite observer les victimes et s’agenouilla à côté d’elles, cherchant dans les fissures et les coupures qu’elles arboraient quelque chose, une marque de fabrique qu’il reconnaîtrait… mais il n’en fut rien. Il soupira, les deux gardes étaient quasiment morts (donc ne pourrait pas témoigner) et le tueur semblait être un inconnu, il partait donc de zéro.
Une sorte de mage-médecin en chef arriva dans la pièce.


Ces hommes sont presque morts. Il a été décidé qu’il serait plus sage d’abréger leur souffrance. Je suppose que vous êtes là pour ça.


Joe se releva et regarda le nouvel arrivant d’un regard insistant tout en s’essuyant les mains du sang qu’il y avait dessus.


C’est une sage décision de leur offrir la paix mais nous ne sommes pas là pour ça, nous enquêtons.


Ce ne sont pas aux médecins ni aux guérisseurs de faire ça…

Joe regarda Olric qui peinait encore à regarder les deux gardes allongées en tenant le mouchoir sous son nez, puis il regarda les deux autres enquêteurs qui faisaient semblant de discuter entre eux. Il soupira encore une fois et sortit deux couteaux de sa ceinture puis se plaça entre les deux lits.


Pour vous : le repos éternel.

Tchak !

D’un seul bruit, d’un seul geste, il avait fait traverser les deux lames dans les deux crânes des gardes, puis les avaient retirées et rangées. Il se tourna vers Olric et les deux enquêteurs.

Allez au lieu du crime, faites le surveiller. Interrogez tout le monde, s’ils ont vu, entendu, senti ou s’ils savent quoi que ce soit, interrogez le et vous me le répéterez. A demain.


Il sortit en trombe. Une demi-heure plus tard il arrivait chez lui, Daphnée l’attendait assise à côté de la table. Lui se dirigea vers le placard sans rien dire et se servit un verre d’un alcool au hasard.


Tu as été long. Tu étais où ?


Je bossais.

Ca a duré longtemps, j’étais inquiète. Tu sais je ne veux pas que tu recommences comme avant, quand je te voyais plus et que tu courais tout le temps apr…


Ecoute Daphnée, j’étais avec deux mecs qui n’arrivaient plus qu’à respirer et encore, qui peinaient à le faire. Ils étaient tellement écorchés qu’ils ont pris le cadeau que je leur ai offert comme une délivrance : ce cadeau c’était la mort.
Alors, Daphnée, je suis franchement navré de ne pas être arrivé plus tôt pour te consoler, mais c’est comme ça.


Une larme perla au coin de l’œil de Daphnée et elle courut dans la chambre. Il rangea les deux bourses et la rejoignit une heure plus tard quand elle fut endormie et se coucha à côté d’elle. Le lendemain s’annonçait long et difficile, l’enquête commençait seulement et il avait l’impression de ne rien pouvoir faire pour qu’elle avance…
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Delies
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Ven 21 Nov - 13:58

Assis dans une marre de sang puant. Un sang brunit par l'air froid de la nuit. Une nuit sans lune ni étoile... Ma tête tonnait plus fort qu'elle ne l'avait jamais fait. Je n'avais pas suivit le plan. Je n'avais pas respecté le rituel...

Pardon... Pardon

La tête posée contre le mur et mes yeux planté dans le ciel noir, je psalmodiait sans arrêt ma litanie de pardon à la dizaine de corps qui se trouvaient dans la ruelle.


J'avais attendu quatre long jours sans tuer. Quatre jours à préparer le repas de mes filles. Un orphelinat pour garçons... Tous agé de sept ans au plus. Je savais comment m'y prendre. Une fois encore, s' aurait été presque trop simple. Il me suffisait d'entrer par la porte de service pour rencontrer celle qui me prenait pour son amant depuis trois jours... si simple... Elle m'aurait attiré à l'intérieur, caressant mon torse de ses mains impure. Elle aurait tressaillit à la sensation des coutures parsemant mon corps mais aurait approché sa bouche de la mienne... trop simple... Il m'aurait suffit de la tuer pour ensuite m'occuper des enfants, un a un. Je leur aurais a chacun conté une histoire avant de les endormir à jamais. Pourtant...

Le dieu de la mort que je voulais devenir n'eut cure de mes désirs. Sans que je sache pourquoi, la route qui devait me mener aux dortoir passa par une ruelle que je n'avais jamais emprunté. Pourquoi... J'étais attiré par cette ruelle comme le papillon par les flammes. Hypnotisé par les odeurs qui en émanaient, la chaleur, les couleurs... Tant de choses qui réveillaient en moi de noirs souvenirs. Le musc embaumait l'air. Il semblait vivant et décidé à s'emparer de mon être. Poussant chacun de mes pas vers ce lieu, refuge de tant de sensations. D'aussi loin que j'étais, je ressentais le mélange de plaisir, de haine, de dégout, d'envie, de désir, de pouvoir et de vice. Cet immonde maelstrom qu'était l'esprit humain... devant moi, un vieux bordel en activité se dressais.
Il ne fallut pas longtemps pour que l'une des prostituée se rapproche de moi afin de m'aguicher. Son corps me semblait désirable. Le parfum qu'elle avait mit cachait presque parfaitement l'odeur de ses précédent clients... Ses cheveux ramené en chignons tentaient maladroitement de masquer leur état lamentable. Quand à son rouge à lèvre...

Mauve...une mauve brillant qui contrastait magnifiquement avec le sang sur sa tunique aux couleurs vives. Mauve, comme la couleur des ailes d'un papillons révélée par la proximité des flammes. Elle était si belle. Je ne savais pas pourquoi... en cet instant précis, je l'aimais avec fougue. Oui, je l'aimais. Si fort que mes lames lui transpercèrent le corps sans la moindre précisions. Me contentant d'étoufer son cris dans le sang qui lui remontait. Je l'enlaçai tendrement tandis que son corps devenait soudain plus lourd. Son bras, plus tôt posé sur mon épaule, glissa lentement pour terminer sa course le long de son corps. Flasque et sans vie.

Lentement, un pas après l'autre, je m'approchai du lieu de stupre et de luxure. J'avais l'impression de marcher sur un fil. Attendant le moindre coup de vent pour tomber définitivement d'un coté ou de l'autre de ma folie. Un coup de vent qui se matérialisa sous la forme d'un homme gras et transpirant. Le crane lisse et un sourire béat plaqué sur la face. Un porc qui semblait ne même pas remarquer l'odeur de cyprine et de sperme qu'il émanait. La bourrasque souffla. Apportant à ses narines l'odeur de sang frais... Me poussant pour cette nuit du coté de ma folie que je ne contrôlais pas.
Tout comme le hoquet surprit qu'il émit au moment ou je lui ouvrait le ventre d'une lame, et lui extirpait les viscère de l'autre. C'est encore ce corps incontrôlable qui le fit uriner tandis que je le décapitais. J'étais le maitre du silence, et j'entendais que l'on suive mes ordres. Ainsi, je châtiait la prostitué accueillant les clients en les saluant... D'un simple mouvement circulaire. Ma lame trancha sa gorge, ne laissant entendre que la mélodie du sang et de l'air. Elle ne devaient être qu'une dizaines. Chacune dans leur "chambre". A l'étage, j'entendais leur cris de plaisir simulé. Leurs respirations saccadées... Et les insultes que proféraient les porcs qui les accompagnaient, comme pour se donner plus de constance devant ces corps qu'ils ne pourraient jamais qu'acheter.

L'escalier était en bois sombre et dur, recouvert d'une moquette épaisse et silencieux. Absolument silencieux... Il y avait trois chambre... Trois chambre closes sans fenêtre ni porte dérobée. Je souriais. C'était parfait. Je sortis de ma poche une bourse replie de poix inflammable. D'un tintement sonore qui fit stopper toutes les activités des chambres, je frappais mes lames l'une contre l'autre. La gerbe d'étincele n'eut que le temps de toucher la poix avant de s'éteindre. Mais c'était bien assez. Le feu désormais rampait le long du tapis pour s'introduire dans chacune des chambres. provoquant cris et fracas. Ils sortiraient tous par la même porte, et tous rencontreraient ma lame.


C'était ainsi que j'avais passé ma nuit, m'abandonnant à la source même de ma folie. Dans cette rue, il y avait désormais du sang sur les murs, des tripes sur le sol, et neuf corps déchiqueté. J'avais passé la nuit à m'excuser... Un dieu de la mort n'avait pas le droit d'être aussi sale.
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Delies
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Ven 28 Nov - 16:14

J'avais mit du temps... trop de temps... les gardes avaient resserré leur étreinte sur la ville d'une façon telle que mes actions étaient limitées. J'avais trop tardé... Il était peu de gens qui pouvaient comprendre la peur d'être contrôlé par un autre que soit même que l'on ne pouvait pourtant nommer par un autre nom que le sien. Une faiblesse que je devrais régler... Un jours... Mais pas maintenant. Maintenant, je devais utiliser la situation qui m'était donnée afin de monter sur le devant de la scène. D'une simple brise, la panique devait devenir tempête. Au fond de moi, je savais pertinemment ce que cachait l'ordre de dame Eolia, et même si je la haïssait de tout mon amour. Je tenterais au mieux de la satisfaire.

Les gardes étaient placé tel les croisements des fils sur une toile d'araignée. Chacun observant l'autre comme un maillon retient son frère. Le dénommé Griffon me compliquait la tache autant qu'il me la facilitait. Pensait il qu'un couvre feu et une garde aussi forte calmerait les craintes de la population ? Elle qui sentait un feu avant même qu'il ne se propage. Il se fourvoyait, et j'allais le lui prouver. Archer, garde, hommes armés... que pouvaient ils contre une force inconnue ? Et cette nuit était parfaite. Dans le ciel, les nuages noirs tonnaient de toute leur puissance. Et comme en réponse a la foudre qui déchirait le ciel, la pluie se mit a tomber. Chape de plomb posée sur la ville. Alourdissant les tissus, étouffant les sons, transformant la terre en une boue sale et froide. La pluie cette nuit deviendrait mon amante, mon alliée, et ma pire ennemie... La mains tendue, je sentais chaque goute froide s'écraser contre ma paume. Mon corps tremblait, excitation et peur mélangées en un immonde sentiment d'impuissance que je m'attèlerais bientôt à remplacer. Mes deux filles se gorgeaient de pluie comme s'il s'était agit de sang. Chacun de mes pas soulevait l'eau et tranchait la boue. Sous ma cape noire détrempée, je sentais mes cheveux coller à mon visage. Et devant moi, l'un des nombreux silo à grains se dressait de toute sa hauteur. La pluie protégeait du feu... le silo protégeait le grain de l'eau. Tout était prêt en cette nuit de croissant lunaire.

J'avais noté chaque positions... il était temps désormais. Sans bruit, la serrure de la réserve sauta et comme répondant à mes désir, le vent ouvrit la porte avant de s'engouffrer dans le silo. Les sacs étaient entreposé en tas. J'eux tôt fait de les éventrer. Et le vent aidant, la poussière de grain emplit totalement le réservoir. Sans tenir compte du danger, je m'abaissai et posai sur le sol un étrange mécanisme en forme de coquille d'escargo. En son sain, je pouvais entendre le crépitement de la mèche qui avançait lentement. Toujours calmement, je me levai et quittait le bâtiment en fermant la porte.

Il ne me fallut que peu de temps pour atteindre l'un des nombreux toit inoccupé par les gardes. Aussi nombreux étaient ils, la ville était bien trop grande. Sur le toit, j'avais une vue pratiquement directe sur "mon" silo. Dans une cache prévue à l'avance, je trouvai le dernier instrument utile à cette nuit. Instrument... Délicatement, je posai mes deux filles sur un voile de velours noir. Les gouttes résonnaient contre le bois froid et dur. Chaque corde résonnait à l'avance. L'instrument était vivant, comme l'étaient mes filles. Mes doigt caressaient les cordes en boyaux. Et comme une arme que l'on enfonce dans le corps d'un homme, l'archet vient arracher un cris strident au violon. Peu à peu la pluie cessa, et le son, comme porté par le vent, emplit le quartier. L'archet semblait déchirer le coeur des cordes, leur arrachant de violent cris de douleur. Des hurlement qui m'envoutaient au rythme de ma montée dans les aigus. Je sentais le vie à mes pied qui se réveillait. Les soldats qui se déplaçaient. Cette même populace savait déjà que le feu allait naitre bientôt. La peur, la mort, le silence. Trois besoin qui luttaient en mon être afin d combler mon appétit. Et comme faisant échos à la fin de mon prélude au chaos, le feu naquit dans chacun des silos que j'avais préparé.

Boule de feu qui apparait dans le froid de la nuit, alors que la pluie ne vient seulement de cesser de tomber. Les gens fuyaient leurs habitations, les soldats tentaient de calmer la foule tandis que certains cherchaient à éteindre mon feu. Si beau... Mon archet continuait a produire ce son si triste. Et en bas, dans ce quartier pauvres et mal famé, le chaos venait de naitre. Il m'aurait été si simple d'en tuer... Mais je ne pouvais pas. Pas encore, cette nuit était à la fête. Et tandis que le son de mon instrument s'éteignait, les cris de la foule et de ceux qui en profitaient résonna longtemps. Cette nuit la, un violon fut sans doute trouvé sur un toi, et à coté de lui, les six langues de mon précédents carnage.
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Le Goéland
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Sam 29 Nov - 15:15

Une mare de sang. Son visage, elle lui ressemble, ou peut être pas... Du sang partout, il rentre dans ma bouche, dans mon nez, dans mes oreilles. Je commence à me noyer. Il y a deux gardes, il regarde le vide dans ma direction avec leurs orbites creuses. J'aperçois son visage, il me regarde avec une expression sans sentiment, ce doit être le tailleur, ou peut être pas... Il parle, il me parle. J'entends son murmure.

Pardon... Pardon

Je me nois, le sang rougit ma vision et trouble les sons qui me parviennent.

Joe se réveilla en inspirant un grand coup. La main de Daphnée était posée sur son torse; elle avait dû lui pardonner pendant son sommeil. Il se leva et se dirigea vers la fenêtre, l'aube pointait ses premières lueurs rougeâtres. Cette vision lui rappela le rêve qu'il venait de faire. Aveuglé par trop de sang et trop de lumière, il tenta de s'habiller et y parvînt. Une fois qu'il eut recouvert la totalité de ses facultés, il sortit de la chambre et alla se servir un remontant en guise de petit déjeuner. Il soupira, las, en pensant que même son subconscient l'empêchait de mener son travail à bien.
Puis il se reprit : ce n'était rien qu'une affaire difficile, ni plus ni moins. Pas de recrudescence d'ancien démon, pas de réincarnation, pas de fantôme qui vient le hanter. C'était juste un psychopathe un peu plus doué que certains, mais qu'il allait coincer. Ne rien laisser au hasard, tout planifier, suivre sa logique, c'était la seule chose à faire et le dénouement ne ferait aucun doute.
Son regard se posa sur les deux bourses qu'on lui avait données en guise de pré-paiement : elles représentaient trop d'argent. Il ne pouvait pas se permettre d'attraper une pointure du crime d'un côté et de se faire liquider dans son sommeil par un cambrioleur bas de gamme de l'autre côté. C'est ce genre d'erreur qu'il ne devrait pas commettre.
Il fallait absolument qu'il aille à la banque.

Il ne connaissait qu'une seule banque qui convenait à sa définition du mot "sûreté". Une porte cloutée et des clés en os pour ouvrir les coffres, certes l'endroit n'était pas réjouissant mais il n'y en avait pas de meilleur.


Qu'est ce que vous voulez ?


La voix de l'employée résonna plusieurs secondes dans la tête de Joe avant qu'il n'ait parvenu à en décrypter le sens. Il tendit ses deux bourses dans une main, et la clé dans l'autre.

Suivez moi.


Ils traversèrent de longs couloirs, l'employée se retournait sans arrêt en lançant des regards affolés, comme si un animal vénéneux prêt à bondir se tenait derrière elle. Joe déposa l'or dans son coffre et les deux retournèrent à l'entrée. L'employée parût soulagée, comme libérée d'un poids.


Escusez mon attitude bizarre mais un collègue a été découpé en rondelles il y a peu de temps en accompagnant un homme à son coffre. J'ai un peu du mal à faire mon travail correctement depuis.
dit-elle en riant.

Faites attention à vous. Contactez cette adresse si vous remarquez quelque chose.


Il lui tendit une carte et la regarda d'un air vide, puis se retourna lentement afin de s'en aller.


Mr Artiana suivez moi vite.


La voix qui s'était adressé à lui était énergique et l'avait sorti de sa torpeur. Il se retourna pour apercevoir un jeune homme aux joues creusées, il était jeune mais l'expérience de la vie se lisait sur son visage.


J'ai des choses importantes à règler, ce sera pour plus tard.


Mr Artiana, on a neuf corps en petits morceaux éparpillés dans une ruelle. Y'a du sang partout, tellement qu'il est impossible de deviner la peinture originelle des maisons et j'ai observé les coupures sur les corps, ce qui me laisse à penser que c'est votre homme qui a fait ça. Alors, sauf votre respect monsieur, bougez-vous et suivez-moi.


Joe souria franchement et posa sa main sur l'épaule de l'homme.


Je t'aime bien toi.


La ruelle était devenue un endroit sinistre, où tous les péchés semblaient concentrés et la lumière du jour ne pouvait faire disparaître cette ambiance malsaine, au contraire, elle révélait à tous les regards l'étendue du massacre. L'homme n'avait pas menti, il y avait du sang partout. C'est tout à fait le paysage qu'on aurait pu imaginer suite à l'explosion d'un abattoir.


Joe scruta l’endroit, et crût ne pas reconnaître son homme dans un premier temps, ce n’était pas son genre. Il n’y avait plus de discrétion, plus de finesse, on aurait cru que la ruelle avait été passée sous un rouleau compresseur, pas qu’un artisan du crime était passé par là et avait balancé ses lames avec l’efficacité et la précision qui le caractérisaient. Erreur ? Leurre ?


Trop de meurtres tuent le meurtre.


Il se retourna vers l’homme qui était venu le chercher. Il savait qu’il était un peu plus efficace que les autres (ce qui, en passant, n’est pas très difficile).


J’ai beaucoup de choses à faire. Fouille les alentours, cherche des indices et…


Sans finir sa phrase, il s’en alla à grands pas.



[Hrp :Ce rp se situe entre les deux autres. Je l'avais commencé la semaine dernière, mais je n'avais pas eu le temps de finir. La suite arrive. Hrp]
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Le Goéland
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Lun 1 Déc - 0:00

Paf ! Clang !

Un individu à l’apparence miteuse et au visage ressemblant étrangement à celui d’un rat traversa la pièce en faisant un vol plané. Il atterrît, évidemment, dans une armoire à vaisselles situé dans un coin de la pièce.


Alors gueule de rongeur, on a perdu sa langue ?


Je t’assure que je connais pas ton type Joe. Jamais entendu parler de ces méthodes, je te jure. Tu saurais déjà tout sinon, tu me connais…


Oh oui je te connais, et toi tu connais tout le monde. C’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle tu n’es pas mort ou enfermé malgré tous tes odieux crimes, tu le sais ça ?


Oui, mais…


Chut ! Pas de « mais » ! Au fait je t’avais déjà dit que Daphnée collectionnait les papillons morts ? Non ?
Et tu sais pourquoi elle les collectionne ? Toujours non ? Parce que c’est totalement inutile, pardi !


Les yeux exorbités de Joe dévisagèrent le rabougri recrovillé dans sa vaisselle. Son nez ensanglanté formait une courbe inquiétante, ce qui traduisait la violence des coups qu’ils avaient dû encaisser. L’homme leva les yeux, il ne comprenait rien et ne pensait qu’à inspirer un maximum de pitié à son visiteur.


Dès que quelque chose passe de l’utile à l’inutile, tu sais comment on lui redonne de la valeur ? Je parie que non.
Eh ben je vais te le dire : on le transperce de l’abdomen jusqu’à la bouche et on le range dans un placard.


Le regard de Joe devînt d’une noirceur effrayante qui contrastaient avec toute la frayeur et l’innocence –feinte– qu’on pouvait lire dans le regard de l’autre. Joe attrapa un morceau d’assiette qui paraissait excessivement tranchant et s’approcha de l’autre toujours étalé sur le sol. Une mélodie mélancolique se fit entendre au loin, portant la main de Joe, lui ajoutant tout le calme et la cruauté dont il avait besoin. Il s’approcha en fermant les yeux et…


Non, non, c’est bon je vais tout te dire. On m’avait interdit… mais je vais tout te dire.
Je crois que je connais le mec que tu m’as décrit, il a opéré à peu près en même temps que moi. Il volait les langues de ses victimes après en avoir fait de la charpie, c’était très beau d’ailleurs, magnifique même…
le regard de l’homme était vague, comme s’il parlait de la vie qu’il avait toujours voulu mener.

… rien à voir avec tes obscènes dépeçages hein ? continua Joe en souriant.

Mais il s’est fait avoir. Les hautes instances lui ont couru après pendant plusieurs mois avant de réussir à le localiser et à le maîtriser, avec plusieurs dizaines de soldats entraînés. Il a été enfermé dans une prison sécurisée, dont seuls les hauts placés auraient pu l’en sortir. Je ne connais même pas son nom.

Joe hocha à la tête, la douce symphonie de cordes frottées portait sa réflexion à une fréquence quasiment aussi haute que les aigus qu’il entendait. Il ouvrit la porte.


Ah oui, j’oubliais. Ne recommence jamais tes anciennes conneries, parce que moi j’aurai pas besoin de dizaine de soldats pour te retrouver et couper ta gueule de rongeur en deux.


Il sortit du repaire de l’homme et se laissa ennivrer par la pluie et par cette douce et étrange musique qu’il commençait à beaucoup apprécier. Il laissa ses pas le porter, fermant les yeux, il y avait beaucoup d’agitation autour de lui, il ne la perçût pas. Le bruit s’amplifiait, il se dirigeait vers lui, ou plutôt Joe se dirigea vers cette musique. Il ouvrit les yeux, il était au pied d’un bâtiment. Cela semblait venir d’au-dessus. Les gens en sortaient en hurlant, d’ailleurs des gens sortaient de partout en hurlant, et les gardes tentaient tant bien que mal de rétablir le calme. Joe profita de cette agitation pour rentrer sans que personne ne s’en rende compte et chercha un moyen de monter. Puis la musique commença à s’évanouir peu à peu, Joe se mit à courir, mais le bâtiment possédait plusieurs étages. Il lui restait encore trois escaliers à monter lorsque la musique fut totalement inaudible. Il arrivait au-dessus essouflé, trouvant les objets qui paraissaient lui être destinés : un violon et six langues. Mais le musicien s’était envolé.


Comme on se retrouve. Je t’ai loupé de peu on dirait.


Joe regarda le feu qui s’étalait devant lui, il eut un sourire puis il ramassa les sept objets. Il sortit d’une poche un papier et commença à écrire :

Je t’aurai.

- Joe.


Il offrit le papier à la volonté du vent et s’en alla satisfait : il l’avait prévenu, les choses sérieuses pourraient commencer.



Il arriva dans le quartier où on l’avait mené au tout début de sa mission. Le quartier où même les poubelles empestaient le fric. Un brouillard épais s’était déposé dans les rues, ce qui masquait un peu l’ambiance de bourgeois qui pourrissait l’endroit. Il entendit des pas derrière lui, on le suivait, cela devait faire un moment déjà. Les pas s’accélérèrent et Joe eut à peine le temps de se décaler sur la gauche, la lame déchira un pan de sa veste. On se serait cru dans les scénarios qu’on raconte aux jeunes filles pour qu’elles restent vertueuses, où les prostitués sont coupés en morceaux par des psychopathes sanguinaires. Tout y était, même la disparition dans la brume. Sauf que Joe n’avait pas vraiment l’air d’une catin sans défense, et que sa veste était un cadeau de Daphnée. Lorsque les bruits saccadés de pas retentirent à nouveau, il ne tarda pas à les localiser, comme il l’avait fait avec la musique, et il asséna un violent coup de coude dans le visage de son agresseur qui s’effondra sur le sol en lâchant le couteau. Son visage lui était inconnu et il ne perdit pas de temps à lui demander pour qui il travaillait : il s’en doutait déjà.
Il enfonça la porte de l’hastratrice sous les regards ébahis des deux gardes, ces deux là avaient sûrement acquis leur poste par je-ne-sais-quel pistonnage et ils pensaient être loin des combats et du grabuge qu’ils entraînaient. Joe pénétra dans la salle. Il entâma un long monologue de détective soigneusement préparé, en exécutant des gestes théâtraux. Notamment, il balança les langues sur le bureau, ensanglantant la paperasse. Son ton était exalté et exagéré :


Bonsoir très chère Hastratrice Eolia,

Je crois bien que j’ai résolu votre affaire. Tous ces meurtres ont été commis… par vous ! Vous avez libéré un criminel pour qu’il sème la terreur dans la capitale, j’ignore vos raisons, même si elles doivent être « bonnes », si vous me passez l’expression. Je pense que cela doit toucher à l’argent et au pouvoir, comme toujours, mais cela m’intéresse peu.
Evidemment, ma justice ne peut rien contre vous, dans ce monde pourri par le privilège, même si j’aurais pu moi-même venir vous perforer la poitrine avec un poignard, mais je ne suis pas un criminel.
Aussi nous avons désormais deux solutions.
La première : je m’en vais et vous continuez à essayer de m’assassiner – envoyez-en un plus doué la prochaine fois –, et nous serons par définition des ennemis. Je serai forcé de disparaître et de vous laisser une population qui risque de se lasser de vos petits massacres entre amis, surtout si certaines rumeurs courent…
La deuxième : vous répondez à mes deux questions et j’aurais peut être la joie de vous aider dans le futur.


Il marqua une pause, regarda l’hastratrice droit dans les yeux, comme il avait regardé le criminel à qui il avait rendu visite. Il sortit de quoi écrire et reprit sur un ton égal :

Quel est son nom ? Où en était-il quand vous l’avez arrêté ?
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éorus
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Mer 3 Déc - 16:44

Eolia avait été surprise par l'arrivée inopinée de M Artiana puis elle avait été amusée par son long discours ou il osait l'incriminer. Il finit meme pas la menacer comme si une personne comme elle pouvait avoir peur d'un etre aussi insignifiant que celui en face d'elle. Elle décida donc de reprendre la parole mais avant elle fit signe aux gardes armés d'arbalètes cachés derrière les murs de se reposer. Elle avait engagé deux sourds et muets pour ce role.

Mr Artiana, je vois que vos manières laissent à désirer. Sachez tout d'abord que vos menaces ne me touchent en rien et que si j'avais vraiment voulu vous assassiner, vous ne seriez plus de ce monde à l'heure qu'il est, vous et tout votre entourage, je fais les choses bien croyez-moi.

Eolia le fixa également pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas en face de lui n'importe qui.

Ensuite, je dois effectivement avouer que je ne vous ait pas transmis toutes les informations pour des questions de sécurité du royaume. Mais je n'ai plus vraiment le choix maintenant. Alors sachez que je ne suis pour rien dans la libération de ce criminel mais que c'est un ordre directe du doux pour des raisons qui m'échappent autant qu'à vous. Jusqu'à présent, cet homme n'avait pas été dangereux mais sa folie à semble-t-il repris le dessus et il faut à nouveau l'arreter. Rappelez-vous, lors de notre entretien, je vous aie fait comprendre que j'attendais de vous plus qu'une simple arrestation...la raison était simple, j'ai peur que le doux ne le remette en liberté une fois celui-ci arreté, c'est pourquoi il doit disparaitre.

L'hastratrice avait certe été surprise par le talent de cet homme dans cette enquete mais sa force était d'avoir un temps d'avance sur tout le monde et elle l'employait au maximum.

Ce barbare s'appelle Delies, mais ceci risque de ne pas beaucoup vous aider car c'est un solitaire. Dnas le dernier rapport, il était devenu forgeron mais il a tout bruler avant de commencer ses meurtres et maintenant il est introuvable. Quand au lieu ou il avait été capturé, c'était loin d'ici en galdérion, je ne saurais vous dire ou exactement. Maintenant j'espère que vous trouverez vite ce meurtrier car la population gronde et si l'on apprend que c'est la faute du doux qui devient peu à peu fou, nous tomberons dans l'émeute.

Eolia allait maintenant laisser la parole à l'homme en face d'elle mais elle lui fit une dernière mise en garde.

Bien entendu, tout ce que je vous ait dit doit rester secret autrement je serais vraiment obliger de vous faire assassiner ainsi que votre épouse et je doute que vous souhaitiez que se vie s'achève d'une telle façon...

L'hastratrice savait que menacer la vie de cet homme ne servirait à rien, mais menacer celle de sa compagne aurait un tout autre impact.
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Delies
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Mer 10 Déc - 17:03

Mes pas s'enfonçaient. Arrachant des hurlement de douleurs strident dans le silence hivernal ambiant. Chaque pas, chaque mouvement. La glace craquait, la neige se tassait. Comme un être vivant se protégeant d'une douleur trop forte, les milliers de mélodies qui en résultaient charmaient mon oreilles. Comme un enfant rassuré par la voix de sa mère chantant doucement... J'étais simplement calme. Recentré en moi même par cet hiver qui déposait ses chaines d'aciers sur ma folie.

Lentement, j'ouvris les yeux, révélant le monde né de l'hiver. Devant moi, la neige avait recouvert les pavés de manière égale, ne laissant qu'un sillon découvert là ou passait la rigole centrale. La ruelle était étroite ; au dessus de ma tête, je sentais pendre les nombreuses stalactites translucides née du froid de la nuit et de l'humidité du jours. Les fenêtres étaient fermées, laissant filtrer un filet de lumière témoignant de la chaleur qui y régnait. Je n'y tenais pas compte... Sans bruit, j'avançais, seul. Mes yeux ne voyaient pas plus loin que le bout de la rue, masqué qu'elle était par les tourbillons de neiges. Je n'étais plus habitué à la neige. Mes seuls souvenirs d'elle remontaient à mon enfances. Des souvenirs paisibles, calmes... Comme si cette eau gelée et cristallisée avait le pouvoir de ralentir le temps... Devant moi, un rat surgit, blanc de poil et rouge d'iris. Sans un regard, il courait dans la neige. Nouveau maitre de cette ville endormie. Je le suivis en courant. Les ruelles se succédaient aux rues déserte et aux artères maintenues en vie par quelques lumières éparses. La nuit et la neige. J'avais l'impression de redécouvrir un monde oublié depuis longtemps par les hommes et les êtres. Rapidement, j'arrivai aux abords du palais hangratorial. Dans cette partie du jardin sombre et sauvages qui abritait les serres et le cimetière.

Les arbres étaient pétrifié dans leur gaine de glace, ne laissant apparaitre que de rares bourgeons colorés dans le blanc que portait leurs branches. A mes pieds, l'herbe était invisible, étouffée ou endormie sous la chape blanche qui la recouvrait. Comme dans la ville, de loin en loin, des poteau éclairaient ingénieusement les lieux. Je sentais le froid s'emparer insidieusement de mon corps. Peu à peu. Et, tandis que la neige cessait, révélant la splendeur nocturne des lieux, je sentis de moins en moins mes doigts et mes pieds. Mais qu'importe au fond. Il y avait des lustres que je n'avais pas été aussi calme. Durant le mois écoulé, j'avais par deux fois perdu le contrôle de moi même. Laissant tour à tour sortir un être assoiffé de silence et un maitre avide de terreur. Je le savais, mes deux armes n'étaient que des catalyseurs. Des entonnoir destiné à réunir ma folie et à la contrôler. Mes crises de folies n'étaient que le résultat de ce fait. Et en regardant ce paysage égal et serein, je savais que je ne pouvais continuer ainsi. La mort n'était pas une source d'éxitation... Au contraire. La beauté que je lui trouvais servait à me calmer. A rester moi même. Dans cette neige qui était tombée, je me retrouvai enfin. Moi, celui qui était né et avait grandi. Et si certains voulaient désormais m'arrêter... Je ne pouvais que leur souhaiter bonne chance. Accroupis, je pris une poignée de neige dans ma mains. Dans le ciel, révélée par des nuages qui fuyaient, la lune m'annonçait le début de ma chasse.

Plié en deux, enmitouflé dans ma cape blanche d'hiver, je courais en direction du lieu ou je sentais la vie de deux être pulser. Deux amants s'aimant au bord d'une fontaine aux jet d'eau figé dans l'air. Elle, elle portait un manteau d'hermine brune et blanche. Ses cheveux d'or étaient retenu par un gracieux mélange de fils, de noeuds et de barrettes d'argent. Lui, il semblait porter une cape noire en ours. A son flanc pendait une arme décorée de joyaux. Il était a genoux devant elle. récitant des paroles auxquelles il ne croyait pas. Et elle, elle souriait, comme charmée par un oiseaux chanteur. Leur morts ne serait qu'une goutte d'eau dans l'océan de la vie. Et sans plus de réflexion, mes armes tranchèrent le coup de la dame. Eclaboussant son amant de gerbes de fleurs rouges. Retrouvant mes gestes d'autrefois je poursuivais mon mouvement sans heurt. Tranchant et lacérant lentement. Comme si mes mouvement tentaient d'imiter la calme légèreté de la neige tombant dans la nuit. Le sang se répandait, teintant la neige de rouge. Je me souvenais de qui j'étais, et je n'avais plus à jouer désormais. Mes deux armes dansaient sur le corps de ma victime. Rapidement, l'homme se mit à courir.

Lui qui était si fier n'était plus qu'un lapin en proie à une peur lui faisant perdre tout bon sens. Il tournais, se retournait, trébuchait. Chacun de ses regards qui tombait sur moi semblait chaque fois plus effrayé. Sur son visage, je pouvais deviner les larmes qui commençaient à geler tandis qu'il courait pour m'échapper. Perdu dans cet immense jardin autant que dans sa propre terreur, il n'avait aucune chance d'y réchapper. Sauf si...

Peu à peu, je ralentissais. L'homme devant moi était perdu. Il ne trouverait pas la sortie avant le matin. Chaque ombre, chaque flammes, chaque bruit... Tous semblait désormais vouloir sa mort. Et quand la neige se remit a tomber, je savais qu'il se perdrait toute la nuit. S'enfonçant chaque seconde un pu plus dans son esprit. J'étais enfin libre. Je contrôlais désormais parfaitement mes gestes et mes envies. Celui qui devais me poursuivre le comprendrait surement. Du moins, je l'espérait pour lui, car dans le jeu du chat et de la souris, il arrive que la souris s'attaque au petit de son chasseur. Dissimulé par un rideau de neige, je disparut de la vision de l'homme qui hurlait d'une rage silencieuse.
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Dim 14 Déc - 21:38

Joe avait sélectionné ce qui l’intéressait dans le discours d’Eolia, cela tenait en un seul mot : Delies. Cependant il ne put s’empêcher d’entendre les menaces prononcées à l’encontre de Daphnée, même si ce n’était pas sa femme il aurait été « fâcheux » qu’elle meure maintenant. Il inspira un bon coup par le nez quand Eolia proféra ses menaces, trahissant qu’il n’avait pas pensé à cette alternative, et qu’il se sentait piégé.

Il sortit du repaire de l’hastratrice, faisant passer sa fuite pour de la colère. Arrivé dehors il passa devant son potentiel assassin, encore inerte. Il remarqua un léger tatouage sur le poignet, marque d’un gang dont il avait fait arrêter le chef quelques mois plus tôt. Il ne parvînt donc pas à contenir un éclat de rire franc et bruyant, puis il quitta les lieux pensant à la chance qu’il avait eue de parvenir à ses fins ce soir là.

Il donna plus tard rendez-vous dans une taverne aux quelques collègues qui l’épaulaient dans l’affaire.
En attendant de se rendre au rendez-vous, il rentra chez lui, espérant constater que Daphnée allait bien.


T’étais où ?

Travail… grommela-t-il.

Ca y est ? C’est fini ? On va enfin pouvoir pass…


Non ! C’est pas fini ! Loin de là. Je repars dans vingt minutes.


Mais… tu… on… devait…


Il lui balança un regard chargé d’énergie, pensant qu’elle aussi elle ne lui facilitait vraiment pas la tâche. Peut être même que ça aurait été bien plus simple si Eolia s’était chargée d’elle.
Encore une fois agacé, il partit de chez lui masquant sa colère en la faisant passer pour un empressement professionnel.

Il arriva à la taverne plusieurs dizaines de minutes avant les autres et eut, enfin, le temps de réfléchir un peu devant une bière.
Il avait une idée claire de ce qu’il voulait faire quand les autres arrivèrent. Il les laissa tout juste commander de quoi se désaltérer avant de leur expliquer son plan :


Alors voilà ce qu’on va faire cette nuit…



Au petit matin, on croisait des gosses à tous les coins de rue distribuant les nouvelles.


Delies, le tueur de la Capitale, a de nouveau frappé dans le quartier Est !


Les lieux du sinistre étaient chaotiques, du sang partout. Le sang avait été, d’ailleurs, le plus dur à se procurer, non pas que ce fût une denrée rare mais une telle quantité avait nécessité d’écumer pas mal d’établissements douteux. Les murs de la ruelle étaient teintés des lettres D.E.L.I.E.S. écrites avec du sang, des membres récupérés sur des autres lieux de crimes avait été placés astucieusement. Quelques maisons autour portaient des traces noircis d’incendie, d’autres brulaient encore un peu par endroit mais le feu s’atténuait avec le froid et la neige.

Evidemment, aucune réelle victime n’était à déplorer, tout était fictif et construit pour faire croire à la population que Delies avait tué à cet endroit. Joe partait du principe qu’une fois que la population le saurait, son tueur ne tarderait pas à l’apprendre non plus.

Planqués dans les ruines d’une maison sur les lieux du sinistre, Joe et son équipe attendait patiemment, regardant avidement dans un trou qui donnait sur la ruelle dans l’attente que le tueur ne se présente, il savait que si c’était le cas il faudrait batailler bec et ongles et qu’il laisserait sûrement deux ou trois de ses collègues sur le carreau.

Joe misait sur la curiosité, pensant que l’assassin viendrait voir qui oserait utiliser son nom pour une tuerie de qualité inférieure. Il n’était pas tout à fait sûr de le reconnaître s’il viendrait, mais il pensait tout de même qu’il remarquerait son attitude, il commençait à peu près à le connaître maintenant…
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Dim 4 Jan - 21:31

Un seul mot occupait l'esprit de Joe à cet instant...

Echec.

Il prit par le col un des soldats mis sous ses ordres pour l'enquête et le balança contre le mur de la planque. Il en attrapa un autre et lui asséna un puissant crochet du droit, puis il sortit en trombe. Non pas qu'il avait de la haine contre eux mais il tenait à être seul à ce moment précis, et c'était le seul moyen auquel il avait pensé pour ne pas qu'ils le suivent.
La pluie décrispa doucement son visage. Deux jours qu'ils étaient restés à se planquer, deux jours à attendre, à subir en espérant que le tueur se pointe. Deux jours sans manger, sans boire. Deux jours où on pouvait discuter qu'avec notre conscience. Et à Joe, elle lui avait beaucoup parlé.


S'il n'est pas venu pendant le premier jour, il ne viendra pas. Le coup du sang de la ruelle à catins en témoigne.

Il a repris le contrôle, ce n’est pas un piège à souris qui l'aura.

Il ne commettra plus d’impair, il faut aller le chercher…

Les grands moyens Joe, les grands moyens...


Seul sous la pluie assainissante, Joe murmura tout haut ce que sa conscience lui susurrait à l’oreille…


Les grands moyens !

Il marcha dans la rue à grands pas, la neige boueuse ne cessait pas de gicler à chaque fois qu’il posait un pied sur le sol. Il était trempé mais ne s’en rendait pas compte. Il croisa des femelles en robe, bien à l’abri sous des parapluies. Elles le montrèrent du doigt en se moquant de ses habits trempés et de son air de clochard débrouillard. Avec tout son mépris, il les dévisagea. Avec toutes ses convictions, il se persuada que ça valait le coup de protéger les gens.
Il continua d’avancer, dégoûté de ce qu’il devrait voir, de ce qu’il devrait faire.
Il ne tarda pas d’arriver au pied d’un bâtiment austère et imposant : une prison. Il avait toujours tenu à avoir des nouvelles des détenus qu’il avait envoyés au trou, ne serait-ce que s’ils s’échappaient. Ainsi il savait directement où aller pour retrouver celui qui l’intéressait.


Je veux voir celui qui a commis des crimes sous le nom du Porc.


En expliquant brièvement qu’il venait sous les ordres d’Eolia, on l’amena vers ce qu’il voulait. On le mit devant la porte n°17. Le gardien lui mit une main sur l’épaule.

Faites attention il est dangereux, il a violé et tué plus de…


Joe fit un geste nonchalant pour enlever la main et sourit.


Je le connais, c’est à cause de moi qu’il est là.


La porte s’ouvrit, laissant apparaître une cellule sombre qui semblait vide. Tous les coins étaient ombragés, seul le centre comportait un peu de lumière grâce à une minuscule lumière posté à deux mètres de haut sur le mur en face de la porte.
La cellule paraissait inhabitée, si on oubliait les terribles respirations ronronnantes qui venaient du coin au fond à droite de la cellule.
Joe s’avança dans la cellule, apparaissant ainsi totalement à la lumière de la petite fenêtre. Le gardien claqua la porte derrière lui.


Joe Artiana, l’homme d’honneur qui m’a offert cette superbe maison chaleureuse et confortable. Que me vaut ce plaisir ?


La voix était chantonnante et aimable, comme celle d’un courtisan à sa belle, même si les respirations inquiétantes reprirent immédiatement après son discours. Mais Joe trancha rapidement d’une voix moqueuse.

Tu l’as gagné tout seul, cette bicoque. Avec le nombre de crimes que tu as fait, c’était une juste récompense.


Et encore tu n’es pas au courant de tout.


Ils éclatèrent de rire tous les deux, l’homme avait un rire cristallin mais qui se stoppa net après quelques secondes pour reprendre ses immuables respirations. L’homme dans son coin sombre se leva et s’approcha de Joe dévoilant un visage excessivement laid. Sa peau était verte, il était chauve, il avait de minuscules yeux et une bouche difforme. Mais le plus choquant, c’était son nez composé de deux narines béantes qui devait produire ces bruits de souffles étranges. Un visage totalement antagoniste avec le ton qu’il avait employé plus tôt. Il parla cette fois avec mépris, saccadant ses paroles de respirations rauques.

Qu’est-ce que tu viens faire ici ? Pourquoi tu prends le risque que je te saute dessus et t’étrangle ?


Tu ne le feras pas, sinon tu ne sauras jamais ce que j’ai à te proposer. Car c’est bien pour te proposer quelque chose que je suis ici.


Sous le regard interrogateur et difficilement soutenable par sa laideur déroutante, Joe continua.


Je veux que tu m’aides. J’ai besoin de tes facultés olfactives pour retrouver quelqu’un. Tu as toujours su flairer nos arrivées, c’est pour cela que tu nous as échappé aussi souvent.


Et pourquoi je ferais ça ?


Joe sourit, il avait visiblement prévu cette question.


Tu resteras ici toute ta vie, tu le sais. Je t’offre une petite promenade, tu verras le monde. De plus je pourchasse un tueur hors pair. Tu te doutes bien que ce n’est pas n’importe qui pour que j’aie besoin de toi pour l’attraper. Si tu m’aides, tu vas le rencontrer, le pourchasser, le découvrir… et peut être même mieux, étant donné que ceux pour qui je travaille veulent le voir mort.


Joe s’arrêta et considéra le Porc.


Je veux purger ma peine dans une petite maison dans une région en dehors de la Capitale.


Joe lui tendit la main, l’autre la serra. Puis Joe sortit le violon d’une grande poche de son manteau trempé et sortit avec l’homme.


Sens moi ça, sens ces cordes, sens les doigts qui l’ont touché, sens les mains, sens le corps. Et trouve-le-moi !


Ils sortirent de la prison, se mirent tous deux à courir, l’homme devant, en reniflant. La chasse commençait.
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Dim 4 Jan - 22:17

Ma nouvelle proie était passionnante...vraiment passionnante. Joe Artania était un homme emplit de ressources. Trouver ce sang, le répendre dans cette ruelle et faire courir le bruit qu'il s'agissait de mon oeuvre... s'en était délectable. Mais je n'étais pas homme à me laisser prendre par telle ruse. Et, à quelques toits de la, je m'étais contenté de suivre la scène. Mais cela n'était que la première partie de la chasse. Celle où l'on étudie, où l'on observe. Et l'observation était ma principale source d'occupation.
En un sens...cet homme me ressemblait. Obnubilé par son but, pétrit de principe et de pensées. Je l'avais observé, entrant chez la dame de ma liberté. Elle était si prévisible, et si inconstante aussi.
Mais malgré mes observations, jamais, non, jamais je n'aurais prévus qu'il ferait sortir un tueur pour moi. Je ne vis qu'a peine et n'entendit rien. Mais j'avais déjà un plan. Un plan sans aucun doute voué à ma mort. mais qu'importe si je m'amusait une dernière fois. Si je pouvais toucher du doigt cette sérénité qui m'enveloppait quand mes lames tranchaient et que le sang coulait... L'obscurité de l'hiver m'aiderait dans ce dernier coup d''éclat.

Une obscurité brisée seulement par les flammes tremblante des torche éparses. Devant moi, les rues s'agençaient comme pour mieux me diriger. Un tournant, une intersection, un cul de sac... les toits, la lueur de la lune perçant les nuages. Je volais cette nuit la. Je courais comme je ne l'avais jamais fait, mut par cette volonté indicible de tuer avant de mourir. De briser une âme avant de perdre la mienne.
Désormais, il n'y avait plus devant moi que ce bâtiment. Cette chambre, et cette femme dedans. Mais il me fallait attendre. Car pour le moment, seul l'une de mes armes avait le droit de passer le seuil de cette porte. L'autre devait rester avec moi....Venir sur le toit et attendre ma proie. Je n'avais plus gout à la vie... plus depuis si longtemps.

Mais c'était seul sur ce toit, bercé par la neige du renouveau que je l'attendais. Assis en tailleur. Jouant de mon instrument caché la des jours auparavant.
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Dim 18 Jan - 19:05

Il prend de l'avance.

Alors bouge-toi, le Porc, si tu veux pas finir en jambon.


Le Porc accéléra le pas, ainsi que le tempo de ses sinistres reniflements, avant de demander :


Je croyais que c'était moi l'assassin entre nous deux ?


A ce stade, il n'y plus d'histoire de bons et d'assassins. Il n'y a que des perdants et des gagnants. Et, dans notre histoire, tu as été perdant, notamment parce que tu ne t'es jamais posé les bonnes questions, le Porc. La seule question importante, pour le moment, c'est qui seront les perdants entre moi, toi et ce Delies.

Joe sentait l'échéance approcher, le dénouement n'était plus très loin. Un dénouement plus ou moins désespéré étant donné que, à un moment ou un autre, il se retrouverait très certainement seul avec deux tueurs peu recommandables. Même s'il ne laissait rien apparaître, l'inquiétude et l'incertitude étaient belle et bien ressenties.
Mais un autre sentiment prenait le pas sur les autres : l'excitation. La curiosité de le rencontrer enfin déversait de l'adrénaline dans tous les vaisseaux sanguins de Joe, laissant ses muscles et son cerveau à l'affût.

Le Porc tourna dans une ruelle. Joe le suivait et allait faire de même quand un terrible hurlement strident retentit.


Hiiiiiiiiiii !


Joe bondît dans la ruelle et aperçut le Porc, debout. A ses pieds, une femme gisait sur le sol. Dans une colère noire, il empoigna le Porc et se mit à hurler.


Qu'est ce que tu lui as fait ? Tu crois que je t'ai libéré pour prendre du bon temps ? Je vais te crever, j'en ai ma claque des mecs comme toi !


D'une voix doucereuse et timide, l'autre se justifia.


Je crois qu'elle s'est évanouie en me voyant, je vois vraiment pas pourquoi. Tu peux sentir son pouls tu verras.


Joe lâcha prise et constata que la femme étalée était simplement inanimée, une catin un peu trouillarde qui rentrait du service, sans doute. Normal que le visage glauque du Porc l'ait secoué, surtout allié aux ténèbres nocturnes.
Son coup de sang avait réveillé pas mal de monde qui les toisaient maintenant depuis leur fenêtre.


T'es bien le seul à ne pas avoir à supporter la vision de ton horrible face. Et notre homme ? Je suppose que tu l'as perdu en plus.


Non, il est pas loin. Il s'est arrêté. Il doit être dans la rue là en face.


Joe interpréta rapidement la phrase "il s'est arrêté" à sa manière. Il n'était plus question d'évanouissement maintenant, en se dépêchant, il parviendrait peut être à sauver quelqu'un d'une mort certaine.
Il courut et se faufila dans la rue en question, avec le Porc aux trousses.
Il n'avait pas du tout fait attention au quartier dans lequel il se trouvait, jusqu'à maintenant. Mais cette ruelle lui était trop familière pour qu'il continue à l'ignorer. C'était sa maison qu'il apercevait, c'était là qu'il l'attendrait sûrement. Là où il avait laissée Daphnée.


Daphnée. chuchota-il en courant le plus vite qu'il pouvait.

Il arriva devant sa maison et hurla une seconde fois :


Daphnée !

Puis il pénétra à l'intérieur en poussant violemment la porte, indifférent à la musique qui venait du toit. Il traversa la première salle et se dirigea vers la chambre. Il balança un grand coup de pied dans la porte qui céda immédiatement, laissant le passage libre.

Il entra à l'intérieur...
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MessageSujet: Re: [1] Un vent de panique souffla sur la capitale   Mar 19 Mai - 14:26

Une vraie boucherie. Si ma raison ne m’avait pas rappelé à l’ordre, je me serai cru à un de ces étalages d’animaux tranchés qu’on trouve sur la place principale, les jours de marché.

Petite fleur.


Les pétales de Daphnée jonchaient le sol. On l’avait forcée à faner prématurément.

Joe s’avança dans sa chambre en trainant le pas, contemplant l’œuvre qui déversait son fluide rouge un peu partout dans la chambre. Le travail avait été aussi vite que bien fait, le sang était encore chaud.
Triste, énervé ? Il ne l’était pas encore. A l’instant présent la seule chose qu’il ressentait c’était un vide profond, un gouffre, une abîme qui ne pourrait être comblé que par un seul moyen : retrouver Delies, et aviser ensuite.
Il s’arrêta de penser pendant quelques instants et respira profondément en ressentant cette cavité que le tueur qu’il poursuivait avait creusée en lui.

Vide

Artiana caressa délicatement la chevelure ensanglanté des restes de ce qui était sa compagne il y a quelques heures. Il sursauta vivement en entendant un son rauque qui l’appelait avec désespoir.


J..oe… Joe… J

Ta… fau..te


Elle était vivante. Du moins, elle n’était pas encore morte car il aurait été ingrat de faire une comparaison entre la vie et l’état dans lequel se trouvait Daphnée. Une larme perla dans l’œil gauche de Joe, sans qu’elle ne lui ait dit ce qu’elle voulait, il avait compris. La lame encore plantée dans les vestiges dorsaux du corps féminin lui indiquait qu’il n’avait plus qu’à l’extirper pour enlever son dernier souffle de vie à Daphnée, et abréger ses souffrances. Delies l’obligeait à achever sa femme. Aucun des deux n’ignorait le symbole que cela représentait, il ne l’avait jamais assez protégée, préférant la compagnie des pires crapules à celle qu’il aimait, soit disant. Il savait qu’il paierait ses erreurs un jour, il savait qu’il retrouverait Daphnée morte par un des psychopathes à qui il avait volé une partie de liberté.
Mais là c’était encore plus insupportable, un des pires tueurs lui faisait une leçon de morale, lui ouvrait les yeux pour qu’il remarque ce qu’il perdait, à jamais et à cause de sa négligence.
Avec un calme déroutant, Joe embrassa une dernière fois Daphnée et retira la lame qui la traversait d’un geste sec et précis. Il se tourna ensuite vers le Porc.

Tu n’as pas le droit de la voir comme ça.


La tête du porc roula quelques instants plus tard sur le sol, il ne mettra plus jamais ses narines nulle part. Il retourna dans la cuisine et pris une bouteille de liqueur qu’une mère de victime lui avait offerte après la résolution d’une enquête et en but une longue gorgée. Il monta ensuite sur le toit, lame dans la main droite, bouteille dans la main gauche et s’exclama :

Causons, Delies.
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