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 La Fin du Début !

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Halfangee
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MessageSujet: La Fin du Début !   Dim 5 Oct - 19:46

La Mort… Elle savait que cela devait arriver. Ils allaient revenir la hanter. La prendre. Mais cette fois –ci personne pour la sauver, ni Majalas, ni personne.

Halfangee errait dans Aguératon. Elle avait quitté tôt ce matin son bureau, et depuis, elle marchait. Ses vêtements étaient déchirés par endroits, couverts de boue. Personne n’aurait pu imaginer qu’il y a quelques heures seulement, elle était dans les nouveaux bureaux Hastrateurs, gérant des affaires importantes. Personne n’aurait pu imaginer qu’elle était hastratrice.

Une gourde à la main, elle la portait à ses lèvres, pour s’enivrer. Accro… Saoule… Droguée… Oui son Eau avait été l’une des seules choses à pouvoir Les faire fuir. Mais là Ils étaient plus forts que jamais.

L’elfe savait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. Et elle aurait tant voulu y mettre fin elle- même, pour ne plus avoir à Les supporter. Mais non, ce serait trop facile ! Ils auraient gagnés. Alors non ! Elle se battrait comme elle l’avait toujours fait, bien que cette fois –ci, l’espoir n’était plus au rendez –vous.

Halfangee continuait à avancer, le plus loin possible des habitations, des gens. Elle ne voulait pas assassiner une personne sans même en être consciente. Elle ne voulait pas que sa mémoire soit salie. En se retournant, elle vit les lumières de la Capitale. C’était la dernière fois qu’elle les verrait. La dernière fois vivante.

Elle repensa à tout ce qu’elle avait fait, à tout ce qu’elle avait essayé de faire. Elle avait passé une grande partie de sa vie à servir ce monde, et surtout cette Capitale. Hastratrice, Conseillère, Rédactrice en chef et Fondatrice du Canard Déchainé, tels avait été ses attributs. Le Canard Déchainé, avait été l’une des raisons de survivre pendant un moment. Elle y avait mis tant d’elle. Elle était fière de Fine Plume, et regrettait que ce journal se soit envolé avec la Catastrophe. Elle aurait voulu continuer, et continuer.
Elle n’avait jamais voulu qu’une inimité s’installe entre la Gazette et le Canard. Elle voulait juste relancer la vie monotone d’Aguératon, et ce journal aussi prestigieux, qui jadis recouvrait les rues de la Capitale. Néanmoins, elle ne pouvait nier, qu’elle avait pris un certain plaisir à défier la Gazette, même si le résultat escompté n’était pas arrivé. Elle avait essayé.

Essayer…Elle avait passé sa vie à essayer. Essayer d’oublier la mort de ses parents, essayer de se remémorer son âge, essayer de divertir ce monde, essayer d’aimer comme l’homme choisi devait l’être, essayer de se séparer de l’Eau – bien que ce ne fut pas le principal essai, essayer de redorer le blason hastrateur.
Elle avait essayé, et souvent échoué. La seule chose qu’elle avait réussi, c’était d’aimer. Oui elle aimait, et aimerait toujours Erasfeu et Majalas.

Erasfeu, son fiancé et son premier amour, mort contre les Aiqua Ana Menel, et Majalas…Son mari, qui lui avait tant apporté, et qu’elle avait aimé au-delà même de L’Amour, et qu’il lui avait procurée pendant tout ce temps, bonheur et joie.

Une larme coula sur sa joue, pendant que le vent faisait entendre ses poumons.

Elle aurait tant voulu remercier du monde. Tant ! Mais c’était trop tard ! La nuit était tombée depuis longtemps déjà, et la Lune faisait apparaître son grand œil globuleux, qui éclairait Aguératon tout entier.

Elle aurait voulu remercier les guildes qui l’avaient accueillie, chieuse comme elle était. Les Ailes Gardiennes, sa première guilde et celle où elle avait passé ses meilleurs moments, puis Le Cercle Des Brumes, La Compagnie, La Sainte Inquisition, L’Ordre des Chevaliers Dragons, et puis dernièrement, sur un autre monde l’Infinitum Spiritas. Elle avait dans toutes pris plaisir à combattre sous leur blason …Mais voilà c’était fini !

Elle aurait voulu remercier toutes les personnes qu’elle avait rencontré dans sa vie, même si certaines étaient mortes, et d’autres…d’autres
Zeas, avec qui elle avait passé de délicieux moments au Canard Déchaîné, moments qui s’étaient prolongés même après la fin du Journal. Elle se rappela toutes ses missives envoyées qu’elle prenait plaisir à écrire. Un Soleil, un Guide ! Un être fabuleux !
Et que dire du sieur Gantis, ce cher Despote. Elle l’avait embêté, taquiné, mais elle l’avait adoré.
Eschelius le Fervent, chieur, mais amusant, Aëraël, un être qu’elle avait apprécié, et qui l’avait fait rire, Elithios, Hawkless, Censira, Anachu, Sir Arthur Pendragon tant de personnes avec qui elle avait passé des moments délicieux. Elle aurait voulu tous les remercier pour tout ce qu’ils lui avaient apporté.
Maximus, un boulet, mais qui était au fond sympathique quand on le connaissait un peu plus.
Et bien sûr, Blanche de Faeorn, dit Plume B, Nabuchodonosor, dit Jacque USELEFAIT. Les deux personnes avec qui elle avait créé le Canard Déchainé, et les journalistes, Thanator, dit Le Corneille qui avait été un très bon Rédacteur en chef, Spitoven, dit Saturne, Marlyssa, La Plume Masquée. Elle se rappela des bureaux saccagés, et de tous ce qu’elle avait vécus en compagnie de ce dernier. Et puis aussi Dame Neydrinella, qui était passé dans le journal dans un autre monde. Sans oublier celui qui avait été l’instrument de la reprise Zeas, encore et toujours.
Elle aurait voulu aussi remercier les anciens Hastrateurs : raizarus, Dodo, Aarchaon, sans oublier Eld, qui lui avait permise de faire ses premiers pas chez les Hastras et puis les nouveaux, Dame Asrya, éolia, même si elle la soupçonnait d’être à l’origine de l’Incendie, et le nouvel Hastrateur Odrouk.

Elle aurait voulu voir une dernière fois, pour se faire pardonner de tout ce qu’Halfangee lui avait faite subir, Neydrinella, une tavernière exceptionnelle, et une personne avec qui on pouvait rigoler, et délirer. Elle avait pris un réel plaisir à la voir dans la taverne, à discuter avec elle, et à lui faire des farces plus ou moins gentilles.
Quant à Tempora même si elle ne la connaissait pas depuis longtemps, elle se rappelait de son engueulade, et puis… Elle n’avait pas compris tout de suite la réticence que la dame avait avec elle. Mais elle avait appris à passer outre, et à discuter avec elle. Enfin de compte, elle l’aimait bien.

Une liste de prénoms, de simples prénoms, mais qui lui avait apporté un plus dans sa vie de tous les jours. Elle oubliait certainement tant de monde.

Xalendan et Griffon, des amis, avec qui elle avait passé de délicieux moments en leur compagnie. Elle se rappela ce qu’elle avait fait enduré à Xal. Elle était sa persécutrice officielle, et avait pris plaisir à remplir cette fonction. Xalendan, un Hastrateur qui avait de l’avenir.
Et Griffon que dire de lui ! Elle aurait pu l’aimer, largement plus, tel qu’il le méritait. Oui, elle aurait vécu une vie heureuse avec lui, mais il y avait son mari, et même s’il n’était pas souvent là, elle l’aimait. Halfangee repensa à ce râteau qu’elle avait infligé à Griffon, avec tristesse et de cette discussion dernièrement…Elle lui avait donné un ultime baiser, sans s’en rendre compte c’était comme un adieu. Inconsciemment elle savait que sa fin était proche, et elle avait voulu saluer une dernière fois son ami qui l’avait aimé…
Elle aurait aussi tant voulu revoir son mari une dernière fois, avant de partir dans l’autre monde, partagé une ultime fois son corps avec le sien, mais Ils en avaient décidé autrement. Elle avait été fidèle à Majalas toute sa vie, l’aimant au-delà même du possible. Elle avait souffert de son absence, mais avait appris à laisser faire les choses, comme le lui avait appris un poète qu’elle appréciait
« Ne poursuis pas [celui] qui s’enfuit et ne vis pas malheureux mais supporte avec fermeté, tiens bon »1. Elle aurait tant aimé l’embrasser une dernière fois, et lui dire à quel point elle l’avait aimé, elle l’aimait, et elle l’aimerait toujours. On ne choisit pas celui qu’on aime, on ne choisit pas quand ça arrive, mais quand ça arrive... On se sent revivre !

Maintenant ce n’était plus une goutte, mais une avalanche.

Elle pleurait sa vie, elle pleurait ses amis, elle pleurait tout. Elle pleurait les délicieux moments passés, en compagnie de Mariane, qui avait fait soudainement une réapparition, elle l’avait appris et rencontré à la taverne avec grand plaisir. Et puis surtout l’incontournable et l’incontrôlable abura, une amie, une vraie. Les délires pris. Les engueulades qu’elles avaient eues, et les combats de sandalettes, qu’elles ne termineraient d’ailleurs jamais. Elle se rappela du Lait Fraise. Une boisson, oh combien dangereuse. Elle se remémora, les Laits Fraises Anonymes, dont son amie abura, faisait partie, et les Buveuses d’Eau Anonymes, et là c’était elle. Seules adhérentes dans leur association respective, bien que Griffon aurait pu faire parti sans problème des LFA, mais il refusait encore de voir la vérité en face ! Elle n’avait pas compris ce revirement de situation : « Le lait de fraise me donne mal au ventre » Elle se remémora la chanson complètement improvisée chantée avec la tavernière Neydrinella. La complicité qui les liait. Elle avait tant aimé la taquiner, tant aimé l’embêter, jusqu’à ne plus comprendre ce qu’elle disait. Halfangee se souvint du poing qu’elle s’était mise elle- même, en essayant de l’atteindre, et le nombre de fois qu’elle s’était mangée le sol, en voulant lui sauter dessus. abura …c’était abura !

Tant de moments passés ! Elle aurait voulu encore une fois arrivé à Les combattre, mais elle était trop faible, trop lasse de passer tout son temps à se battre.

Elle voulait enfin vivre en paix, libérer de tous Ses Assaillants, qui ne cessaient de la hanter depuis des années. Elle n’en avait jamais rien dit à personne, essayant de Les vaincre, qu’avec son cœur, et son amour pour la vie. Qu’une seule fois, elle avait failli y passer, qu’une seule fois, la crise l’avait prise de cours, et elle s’était effondrée dehors. Cette fois- ci, c’était l’amour d’un homme, de son mari Majalas, qui l’avait ramenée à la vie. Aujourd’hui c’était Eux qui allaient gagner.

Elle était épuisée. Cela faisait maintenant quatre heures qu’elle marchait sans se soucier du trajet. Elle avait déjà traversé deux rivières à pied, et ses vêtements étaient trempés. L’addition, du froid, de la lutte contre Eux, et de la faim, faisaient petit à petit diminuer toutes ces forces. Les larmes tombantes de ces yeux et ruisselantes sur sa figure, créaient des sillons propres sur une peau recouvertes de terres et d’herbes.

Soudain en repensant à la semaine qu’elle venait de passer, elle eut un rire sinistre. Quel paradoxe ! Hier, elle avait failli mourir, brûlée vive, et aujourd’hui, elle allait mourir assaillie par Ses Démons Intérieurs. Être sauvée la veille pour mourir le lendemain ! Comme quoi !

Halfangee porta sa gourde machinalement à ses lèvres, et découvrit que son précieux liquide avait disparu. Elle avait tout bu. Et là, comme une évidence, elle se mit à courir, essayant d’échapper à Ceux qui hantaient son esprit au point de la tuer. Sans eau, plus d’espoir. Sans eau, plus de vie. Elle en était consciente.
Soudain, elle s’étala de tout son long. Son pied s’était pris dans une racine par terre. Sa tête tomba sur le sol, et un
« Aïe » sortit de sa bouche. Elle remua quelques secondes, puis s’arrêta.

Du sang coulait sur son corps, toujours vivante, elle voulait en finir, mourir. Ce n’était malheureusement pas son heure. Au bout de quelques minutes, elle se mit à ramper voulant essayer de se battre avec les dernières forces qui lui restaient.
Elle trouva un filet d’eau coulant juste devant elle. Quelques minutes après, elle s’y trouvait, plongeant ses mains toutes noires dans de l’eau fraîche, et amenant quelques gouttes à sa bouche pour se désaltérer. Cette eau lui fit reprendre un peu de forces, et de lucidité. Elle rinça très sommairement sa figure, et enleva le sang. Elle ne regarda pas ses blessures. A quoi cela servait- il ? Si ce n’était pas elles, c’était Eux qui allaient la tuer.

L’Elfe se releva péniblement, et continua ainsi son déambulement en fredonnant d’une voix rauque, comme pour rendre un dernier hommage à son amie, et à la tavernière ; d’ailleurs la seule qu’elle voyait aussi souvent derrière le comptoir, une tavernière exceptionnelle, elle espérait que sa grossesse se termine bien, déçu de ne pas avoir pu voir le petit bout qui allait naître ; la chansonnette :


Il faut être vieux pour être grincheux
Vraiment très vieux pour être grincheux
Il faut avoir des rhumatismes
Un peu d’arthrose, des traumatismes
Que nous prodigue la vieillesse
Quelques kilos de graisses et de paresse.
Je boite d’ordinaire dans un mal profond
Et toute la journée je mange du thon.
Toutes les personnes de la cité me tendent des pièges pour m’racketter
Et quand je pêche un gros poisson
Je sais tout de suite qu’il sera super bon
Vas-y c’est bon…Trop bon
Tu manges du poisson ?
Ah ! Tu sent’ras ! C’est fameux, ça vous glisse…Honnn
A…A…A…Halfy attention! Boum !
Il en faut vraiment peu, très peu pour être morteuh !!


Il se passa deux heures ainsi. Deux heures pendant lesquelles, elle se mit à divaguer, à imaginer des monstres sortis de nulle part, à crier et à se battre contre des hommes invisibles. Deux heures de marches à travers broussailles. Deux heures.

Et c’est à cinq heures du matin, exténuée, qu’Halfangee mourut. Ses Démons la submergèrent, et l’entrainèrent.

Elle eût, dans une minute de lucidité avant de mourir, la force de tracer avec un bâton, les mots « Pour Toujours », avant de se mettre face contre ciel, et d’être emportée par le tourbillon de la Mort.
Personne ne pourra savoir à qui elle pensait, en écrivant cela.
Elle mit aussi dans sa main droite, son ultime confiserie qu’il lui restait. Un bonbon rose en forme de cœur, un bonbon horrible, infâme, que même ses cochons n’avaient pas pu manger. Mais un bonbon qui avait une Histoire.
Peu de personnes sans doute, comprendront la signification de ce geste. Peu de personnes sans doute, auront un sourire en voyant ce petit cœur, ainsi mis dans sa main droite.

Mais, personne ne pourra imaginer qu’elle fût sa délivrance en sentant la Mort venir la chercher.

Halfangee Lesytellane, droguée et Buveuse d’Eau Anonyme, gérante de Larfang et d’Ursus, femme de Majalas, garant des Ailes Gardiennes, fiancé du Feu Erasfeu, ayant rempli les fonctions d’Hastratrice, de Conseillère et de Journaliste, était morte !




"A jamais fidèle à ce que je crois être juste"



« Les Soleils peuvent disparaître et revenir ; mais nous une fois que la brève lumière [de notre vie] a disparu, il nous faut dormir une seule nuit pour l’éternité »2










HRP/
1 : Catulle, Poésie 5
2 : Catulle, Poésie 8

Au revoir, et merci à tous

Halfy/fin HRP
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Griffon
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Lun 6 Oct - 21:26

Griffon regarda Halfangee s’éloigner, le visage vide de toute expression, il resta quelques secondes à regarder l’elfe courir pour fuir ses démons. Même dans cette situation elle restait merveilleusement gracieuse. Comment pouvait-elle fuir ainsi face à Griffon après ce qu’ils venaient de vivre… Griffon courut à sa suite, mais il ne parvint pas à la rattraper, les effets de son élixir commençaient à se dissiper, et la douleur devenait horrible, une atroce souffrance commençait à s’emparer de son corps. Griffon perdait l’usage de tous ses sens, d’abord l’odorat, l’odeur du cramé disparue avec la douleur, puis la vue, ses yeux s’embrumèrent, il ne distinguait des alentours que de vagues formes zigzagantes. Puis plus rien, il s’évanouit sous la douleur. Ce n’étaient pas les brûlures… Une partie de son âme venait de se déchirer… La pluie commençait à tomber, apaisant les quelques flammes qui survivaient sur les décombres. Un des gardes vint prendre Griffon sur son dos pour le ramener dans un endroit sec en espérant que celui-ci se réveillerait un jour… Quelque chose venait de disparaître chez l’Hastratrice, en même temps que l’âme de Griffon.

Le garde fut transporté à la clinique de son royaume, sa prêtresse lui administra des soins, il était sur toute la surface de son corps brûlé, pas étonnant qu’il est croulé sous la douleur pensaient ses guérisseurs, il était singulier qu’il soit encore vivant, la grâce l’avait épargné… Mais son état était quand même inquiétant, certes il était encore vivant, mais les soulèvements de sa poitrine étaient rares et irréguliers. Son pouls était très faible. Par moment des spasmes s’emparaient de l’être, cela duraient quelques minutes avant de s’évanouirent. Il en était ainsi pendant une journée…

Puis, son état sembla se stabiliser, sa respiration reprit une allure normale ainsi que son pouls. La prêtresse du protecteur de Guardia était entrain de passer un linge sur les brulures de celui-ci quand les spasmes reprirent, ils furent beaucoup plus violents que la veille... Les paupières du garde s’ouvrirent pour laisser voir ses yeux pivoter dans leur orbite. C’était comme si les démons s’étaient emparés de lui… Sa respiration se fit saccader, il maugréa des mots inaudibles puis, aussi vite que le phénomène était apparue, tout s’estompa…


« Halfangee ! Nonnnnnn ! »

Il se redressa brusquement sur le lit, ses yeux étaient redevenus normaux, quoi que normaux était un gros mot, car même normaux, ces yeux étaient unique pour un humain, pareilles à des yeux de chats, ils étaient ambrés avec la pupille noire. Il déracina les liens qui l’empêchaient de se lever et il bondit du lit, les sens à l’affût, il chercha à comprendre ce qu’il venait de lui arriver, il savait qu’Halfangee n’allait pas bien, il devait partir à son secours, mais il s’aperçut vite qu’il était encore faible, mais qu’importe, la vie d’Halfangee était plus importante que tout , il se dirigea vers la sortie de la clinique quand sa prêtresse s’interposa entre lui et la porte.

« Vous ne sortez pas dans cet état ! Vous venez d’échapper à la mort, vous être trop faible pour aller où que ce soit, vous aller retourner vous allonger et attendre sagement de reprendre des force. En plus vous ne pouvez pas sortir ainsi… »

Griffon se tourna pour faire face à un miroir, il était presque nue, un fin tissu le couvrait de la ceinture jusqu’aux genoux, il portait les marques de l’incendie, des cloque le long du bras droit et des brûlures un peu moins prononcées sur tout le corps, il ne s’en saurait pas sorti sans son élixir… Que serait-il sans ses essences ? Il scruta la salle pour dénicher ses vêtements, ses yeux les débusquèrent près de la cheminée, il s’en alla pour les enfiler quand, à nouveau, sa prêtresse s’interposa.

« Je vous… »

Il la coupa d’une voix qui se faisait extrêmement posé vue la situation.

« Je dois y aller, tu ne m’en empêchera pas. Prépares Crinière dorée ! »

Ses yeux plongèrent dans ceux de la femme, il abordait un regard qui faisait plisser tous les autres. Une force incroyable se dégageait du garde à ce moment précis, une force inqualifiable, où plutôt, une force que beaucoup d’érudit se refusait à accepter, l’amour… Et l’amour que Griffon portait à Halfangee était incroyablement fort.

D’un geste raffiné il écarta la prêtresse qui lui barrait le chemin, celle-ci semblait avoir perdue ses moyens, elle regardait le sol, résignée à laisser son maitre faire. Griffon passa son équipement sans trop de difficulté bien que son bras droit le faisait atrocement souffrir. Il récupéra ses glaives qui pendaient au dessus de la cheminée, il les attela dans son dos et sorti de la pièce. Il se dirigea vers la plus haute tour de Guardia, il grimpa les escaliers jusqu’au dernière étage de celle-ci. Là, il déverrouilla la porte en actionnant une série de leviers qui se trouvaient devant celle-ci. Puis après avoir refermé la porte derrière lui, il commença à fouiller dans ses étagères ou un monceau de fiole s y trouvait. Il en récupéra quatre toute petite et deux un peu plus grande. Il arracha un livre de sa bibliothèque, quelques cliquetis se firent entendre, et la bibliothèque tourna d’un quart de tour, dévoilant un étroit passage dans le mur. Le garde pénétra à l’intérieur de celui-ci. Il amenait à un laboratoire secret… Il y avait, au centre de la cache, une grande table rectangulaire envahie de cornues, fioles en verre et autres objets d’alchimie. Au fond du laboratoire, une étagère qui supportait de grands récipients dans lesquels étaient stockés divers liquides. Le garde actionna le robinet du récipient qui contenait un liquide verdâtre et il remplit les quatre petites fioles. Dans les deux plus grandes, il actionna le robinet de celui qui contenait un liquide doré. Puis il accrocha les fioles à sa ceinture et ferma son laboratoire en replaçant le livre sur la bibliothèque. Pour finir, il dévala les escaliers de la tour.

Il sauta les dix dernières marches et sorti à la hâte de la tour. Dehors l’attendait sa prêtresse, elle était partie chercher, aux écuries, le cheval le plus rapide du royaume. Un destrier noir de jais. Son nom était dû à sa crinière dorée. Il avait des muscles incroyablement développés. C’était le fruit d’années de recherche, en se faisant se reproduire les meilleurs destriers de différents royaumes… Sa prêtresse tenait dans sa main droite un baluchon qu’elle tendit à son maître.


« Il y a la, de quoi tenir quelques jours ! Revenez- nous vite mon maître ! »
« Merci Sybille. A dieu ! Yah !! »

Crinière dorée partit au galop en direction de la sortie de Guardia, en plus d’être véloce, son allure était plein de grâce. Arrivé à la sortie de la cité, Griffon fouilla dans sa poche et en sortie une bague, elle portait le sceau de l’Hastration… C’était la bague qu’Halfangee avait glissé dans le mot qu’elle avait fait parvenir à Griffon pour l’appeler à l’aide… Et quelques minutes après, celui-ci affrontait les flammes des démons pour porter secours aux Hastrateurs…

Le garde resta quelques secondes à réfléchir puis il ordonna à son étalon de repartir au galop. Griffon se rendrait tout en premier au royaume de l’elfe, il fallait vérifier si celle-ci s y trouvait encore, et si ce n’était pas le cas, essayer de savoir où elle était partie. Le voyage fût rapide grâce à Crinière dorée. A l’entré du royaume de l’Hastratrice, Larfang, deux elfes lui interdirent l’entrée.


« Halte! »

Mais au lieu de mettre en X leur hallebarde, ils le pointèrent. Ils le prirent pour un démon à cause de ses yeux ambrés. Griffon remarqua la peur dans leur regard.

« Quelle accueil, je ne manquerait pas d’en faire part à votre maitresse, dit-il en ricanant. Je suis Griffon de Guardia ! Garde d’Alérandir Dâah, protecteur de Guardia, Obscur ! Et par-dessus tout, ami de Dame Halfangee, et je désirerais la voir au plus vite, c’est une urgence. Sans attendre leur réponse, il ajouta, si vous ne me laissez pas rentrer, je forcerais le passage ! »

Les deux soldats le laissèrent entrer. Griffon passa le porche. A l’entré de la cité, une pancarte portant le sceau d’Halfangee indiquait « Circulez au trot » Griffon eut une pensée pour elle et reprit le galop en direction du château de son amie. Il ne fut pas surpris de passer par un immense jardin où il y avait plus de fontaine à eau que de plantes. L’hastratrice raffolait de se liquide cristallin qui tombait du ciel et sortait de la terre. Alors que Griffon arrivait à mi-chemin entre le début des jardins et le château, un elfe vient l’intercepter.

« Arrêtez-vous ! Sir Griffon ! »

Intrigué, le garde se retourna et descendit de son cheval pour faire face à l’elfe.

« Je dois voir Halfangee d’urgence ! »
« Elle n’est pas revenue hier d’Alérandir hier, donc à mon avis…Hey où allez-vous je n’ai pas fini ! »

Sans attendre qu’il finisse, Griffon était remonté sur son destrier et prenait le chemin d’Alerandir Daah. Malgré la longue course qu’il venait d’effectuer, son cheval était encore en pleine forme, il avait juste fallu qu’il s’arrête deux petite minutes à une fontaine pour que celui-ci se désaltère.

Arrivé à la capitale, Griffon se dirigea vers les bureaux provisoires de l’Hastration. Il avait tout d’abord pris le chemin de l’ancien bastion, mais se rappelant soudain de l’incendie de la veille, il se ravisa et changea de direction. Arrivé aux bureaux, il interpela un des gardes qui s’y trouvait pour lui demander où se trouvait Dame Lesytellane. Celui-ci l’informa qu’elle avait quitté les bureaux tôt le matin même, il lui dit aussi qu’elle avait pris la direction de la sortie nord de la capitale. Griffon le remercia avec quelques pièces d’or, il n’en aurait peut-être plus besoin… Et il remonta sur son chevale et se remit en quête de son amour. A la sortie de la ville, il demanda le chemin qu’avait pris l’Hastratrice tôt le matin, celui-ci pointa du doigt un gros buisson face à eux.


« Elle est partie par la, puis c’est tout. »

Sans dire mort, Griffon suivie l’indication du garde, il murmura pour lui-même.

« J’arrive ma douce. »

Il arriva à sur une grande prairie, malgré le froid qui régnait sur les terres d’Agueraton en cette saison, l’herbe était extrêmement verte. Il laissa Crinière dorée prêt d’un point d’eau, nul besoin de l’attacher, elle n’obéissait qu’à une seule personne, Griffon. Mais il devait continuer seul à partir de maintenant, l’elfe ne devait plus être très loin. Le garde ferma les yeux et s’imagina Halfangee en train de marcher dans cette grande prairie. Quelle chemin avait-elle pus prendre ? Un peut plus loin se trouvait un petit bosquet d’arbres. Elle devait surement y être passée, l’endroit devait être magnifique. Quelques minutes plus tard, Griffon entra dans la minuscule forêt, L’endroit était en effet magnifique, les feuilles des arbres filtraient les rayons du soleil qui étaient faibles. Quelque chose accrocha le regarde de Griffon, sur une branche d’arbre se trouvait un petit bout de tissu déchiré. Halfangee était passé par la ! Et elle avait due s’accrocher à l’arbre. Le garde récupéra le morceau déchiré et se remit en marche.

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’il découvrit la scène, une scène magnifique, d’une beauté surnaturelle, mais d’une effroyable tristesse… Griffon resta là, à contempler l’elfe allongée sur le sol, morte. Quelques uns de ses cheveux recouvraient son visage, elle avait un poing serré, l’autre main ouvert face au ciel, un sourire au visage, comme si elle avait éprouvé la satisfaction de quitter ce monde. Les démons ne pouvaient plus rien faire contre elle… Il ne s’approcha pas du corps, il n’en avait pas la force, il resta plus d’une heure à regarder le corps immobile de son aimé. Pas une seule larme ne coula de ses yeux pendant se temps, puis vient l’épuisement, il s’effondra et enfin les larmes coulèrent le long de son visage, Halfangee était morte. La plus grande amie de Griffon, ils avaient tant fait l’un avec l’autre, l’un pour l’autre… Les larmes coulaient silencieusement sur la joue de Griffon, celui-ci implorait de l’aide au fond de lui espérant que quelqu’un l’entende et lui vienne en aide, il ne pouvait pas laisser le corps de l’elfe ici, et il était trop faible pour s’en approcher.

_________________

.......... ~~L'ombre que je suis n'est que le reflet de l'être que j'étais~~
.................~~Ancien Intendant des Royaumes Oubliés~~
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SaYoLe de Thanit
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Lun 6 Oct - 23:53

SaYoLe était dans son royaume… Une pause bien méritée après les nombreux jours passés en mer à des fins de pillages et d’exploration. Assit dans l’un de ses grand fauteuil de sa chambre, il parcourait des yeux les diverses cartes d’Agueraton en sa possession, un verre de vin rouge à la main afin de planifier ses prochaines sorties. La journée approchait de sa fin, lui annonçant un merveilleux couché de soleil sur la mer d’ici quelques heures… Doucement, il se releva de son siège et se dirigea vers son balcon. Le doux souffle de la brise secouait ses cheveux malgré le soutient du chapeau et caressait sa peau à nue, glissant sur ses divers tatouages. Son esprit s’évada, pensant à sa bien aimée… Leur mariage approchait, et cette union avec Hanna était perçu comme l’aboutissent finale de leur amour… Il était prêt à arrêter ses expéditions, ses combats, se retirer dans son royaume pour s’occuper d’elle et des enfants qu’ils s’étaient promis… Un avenir radieux se profilait pour lui malgré la guerre qui sonnait à sa porte… Il resta là de longues minutes, absorbant de temps à autres son vin, le savourant avec délice et calme.
Puis soudain, il lâcha son verre qui alla se brisé dans un bruit cinglant. Le pirate fit un pas de recule, observant avec des yeux vides le liquide rougeâtre qui se répondait sur le sol juste devant lui…
Il sentait le malheur, il sentait la détresse de son ami Griffon. Les Obscurs étaient tous relié par l’esprit, leur permettant de se parler, de se localiser… Mais c’était une douleur immense qu’il ressentait en cet instant… Il lui fallut plusieurs secondes d’une respiration lente et d’une concentration immense afin de fermer son esprit pour être capable du moindre mouvement. D’un pas rapide, il retourna dans sa suite, ouvrit la porte à la volée, longea le couloir sombre sous le regard étonné de quelques gardes et descendit les grand escaliers qui donnaient sur pièce principale de son domaine avant d’interpelé l’un de ses hommes :


Que l’on me prépare une monture rapide tout de suite !

Avant même d’avoir attendue une réponse, il continua son chemin vers l’armurerie pour y prendre un de ses longs couteaux et des pistolets puis reprit sa route vers les écuries. Là, un étalon magnifique l’attendait, prêt pour le chevauchée. D’un mouvement rapide il monta sur le cheval et partit d’un galop rapide.
De temps à autre, il ouvrait son esprit vers Griffon afin de le localiser, mais a chaque fois, il n’arriva pas à garder le contact plus de quelques secondes, ne pouvant supporter sa détresse et sa douleur. Il traversa alors un longue clairière et repéra le cheval de son ami. Il mit pied à terre et attacha le sien qui n’était pas aussi bien dressé. D’un pas lent et légèrement sur ces gardes, il pénétra dans la petite forêt alors que le coucher de soleil en était à son apothéose. Après quelques instants de marche, il découvrit son ami, avachit contre un arbre, des larmes de tristesse coulant le long de ses joues. Il s’approcha doucement de lui, sans un bruit pour respecter son intimité. C’est qu’après avoir dépasser un arbre qu’il repéra le corps d’Halfy comme beaucoup l’appelaient… Devant cette scène, il marqua un cran d’arrêt, devinant rapidement que ceci était la cause de tant de douleur chez l’Obscur. Lui, la scène le toucha moins… Il ne la connaissait pas personnellement mais l’avait côtoyé à de nombreuses reprise à la Taverne et elle comptait parmi les invités à son mariage… Il trouva la scène tragiquement belle… Doucement, il traversa les quelques mètres qui le séparaient encore de son ami et posa une main amicale sur son épaule. Il avait été témoin de leur dernière discussion à la Taverne et de se baiser échangé. Il savait donc tout se qu’elle représentait pour lui. Sachant que les mots étaient inutiles, il se contenta de cette main amicale et contempla la défunte avec Griffon. Le couché du soleil donnait un aspect encore plus tragique à la scène, sonnant la fin d’une journée et annonçant la promesse d’un lendemain triste et amaurose…
Il attendit que la nuit soit là avant de souffle de manière presque inaudible à son ami :


Griffon… Nous ne pouvons la laisser là… On va l’emmener à Avallon Lümbe et après on avisera, ça te va ?..

Il laissa planer quelques secondes avant de s’avancer d’un pas respectueux vers la dépouille… Il s’arrêta devant, la regardant avec tristesse, presque étonné de voire un visage si calme lui qui avait eut l’habitude de la voire s’amuser à la Taverne… Il remarqua alors seulement les mots « Pour Toujours » gravé juste à coté ainsi que le petit bonbon. Il ne savait pas si cette écriture était adressée à quelqu’un en particulier… Il se retourna vers son ami, et décida de ne pas lui en parler tout de suite. Il ferma avec douceur la main de la jeune femme afin qu’elle garde le petit bonbon et plaça ses bras sous son corps.
D’un mouvement lent et emplit d’un profond respect, il souleva le corps de la jeune femme qui lui sembla étonnement léger. Il pivota sur place et reprit sa marche pour rejoindre leurs montures. Passant devant L’obscur, il dit d’une voie apaisante :


Allons y Griffon, cela ne sert plus a rien de rester ici… Pense à elle maintenant, tu pleurera sa perte plus tard…
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Aëraël
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Mar 7 Oct - 11:43

Le Lord-Empereur déambulait dans les plus hautes branches-voies de l'Arbre Monde d'Aether, symbole de puissance de la terre de Narelendûr et vestige de la civilisation Askialonienne. Il pouvait voir le soleil sombrer dans la mer de l'Ouest, embrasant de mille feux la tache argentée qu'était Alérandir Daâh. Le vent soufflait doucement dans la toge rouge sang du Fou, qui se délectait du spectacle des graines de l'arbre voletant dans la lumière du crépuscule en un ballet gracieux et porteuse de messages d'espoir... Les premières semences de l'imposant végétal en ce nouveau monde, signe du retour de l'ordre des choses... Le monde ne disparaitrait pas avant l'année prochaine, "C'est déjà ça", se dit-il, baissant son regard vers les elfes qui ramassait ses flocons de neige dorés qu'étaient les graines... Généralement, aucune de ces boules de vie ne germaient, mais il se pouvait que certaines années, l'une d'entre elle donne un arbrisseau, faible et fragile, qui était alors choyé par la communauté, en prévision d'une catastrophe qui aurait frappé l'Arbre Monde...

Aëraël admirait donc ce spectacle, qui lui faisait oublier toute les peines de ce monde, les guerres, les morts, les destructions... Un sentiment presqu'aussi fort que celui qu'il éprouvait au coté de sa Douce... Aussi fort? Non, il se sentait mal à présent, une effroyable douleur lui brisait le cœur... Le spectacle en contre bas était-il trop beau? Serait-il ému? Cela n'était pas dans ses habitudes, lui qui ne ressentait quasiment rien... Non cette sensation déchirante venait d'autre part... Un Obscur... Fermant les yeux, il se concentra et aperçu le visage de Griffon, un ami depuis ses premier pas en ce monde... Il quitta le magnifique spectacle que lui offrait le peuple de Narelendûr et descendit d'un pas pressé les escaliers des galeries internes du tronc du titanesque arbre, s'arrêtant parfois, tant la douleur qu'il ressentait l'écœurait... Que devait ressentir le maitre de Guardia alors? Et pourquoi, surtout, pourquoi?

Arrivé au pied d'Aether, il se précipita aux écuries, enfourcha un destrier déjà harnaché, et quitta Narelendûr au triple galop, en direction de la source de toute cette peine, geyser de douleur que seuls les Obscurs pouvaient ressentir, où qu'ils se trouvent... Il chevaucha à travers les terres du Noma, pour arriver en Gaâd Mur. Au fur et à mesure de sa progression, la peine se faisait de plus en plus insoutenable, et d'étranges picotements se faisaient ressentir au niveau de ses yeux.

Lorsqu'il arriva à l'épicentre de douleur, il faisait nuit noire... La capitale scintillait au loin, et il décida de descendre de sa monture, l'attachant à un arbre, non loin d'une petite clairière où se trouvaient deux personnes, deux Obscurs, Griffon et Sayole. Ressentant, comme une délivrance, une bouffée de soulagement à la vue du pirate ardant, il s'avança vers eux, pour s'enquérir des causes de la souffrance de Seigneur de Guardia, lorsqu'il s'apperçut qu'il y avait en réalité une troisième personne, enfin, pour être plus précis, un troisième corps, dans les bras de Sayole... Un frisson glacé lui parcouru l'échine, et il se précipita pour voir qui venait de rendre son âme au monde, même s'il savait déjà, au ressentiment de la douleur de son ami, qui cela devait être...

Les deux Obscurs ne furent même pas surpris de le voir, ils avaient déjà dû sentir sa présence.
Il contempla le corps inanimé de la Régente de Larfang, Halfangee, amie et compagne d'arme, figée dans une étrange grâce mortelle, le visage enfin serein après ce qui avait dû être une longue agonie, si l'on se fiait aux griffures de ronces et aux traces de sang sur tous ses vêtements. Mais il y avait autre chose dans l'air, la cause réelle de sa mort, mais il était incapable de dire ce que c'était...

Il était incapable de dire ce que c'était mais le résultat était là, Dame Halfangee Lesytellane de Larfang et d'Ursus n'était plus, Aguératon était orphelin d'une grande femme... Il fallait ramener son corps sur le Tel Lad'ggor, pour lui rendre un dernier hommage, il savait que les autres pensaient comme lui, mais quelque chose au fond de lui lui faisait mal, et il ne savait pas comment le définir. Posant sur main sur l'épaule de Griffon, toujours en larmes, il ferma les yeux, et commença une douce litanie :


"Yë, Halfangee, sinavë manwë tinwerína,
Yë, Halfangee, manwë ten oira..."


Alors qu'il finissait sa prière, alors que cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps, une larme coula le long de sa joue...

"Yë, Halfangee, manwë ten oira..."
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Odrouk
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Mar 7 Oct - 19:54

L’affreuse nouvelle circulait…
L’Hastratrice Halfangee ne serait à l’heure actuelle plus en vie, enfouie dans les profondeurs de l’oubli.
Malgré les espoirs d’un miracle de certains, Odrouk le savait, s’en était terminé.
Il la sentait en lui cette douleur, qui lui serrait le cœur.

Halfangee, c’est une femme plein de bon sens et d’amour.
Halfangee, c’est une femme attentionnée et sublime.
Halfangee, c’est une femme courageuse et fidèle.
Halfangee, c’est tout simplement, une femme exemplaire pour nous tous.

« Que son nom reste à tout jamais gravé dans les royaumes oubliés. »

Odrouk pensait, que restait-il à faire… Plus jamais il ne la reverrait.
Odrouk pleurait, cette si triste nouvelle le bouleversait.

Ils n'eurent même pas le temps de se connaître, qu’elle fut déjà partit.
Il aurait tant voulu vivre de belles choses, avec elle ! Mais il fallait tourner la page, Au revoir, douce Halfangee.

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"Celui qui voit tout & que personne ne voit."
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Xalendan
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Mar 7 Oct - 20:39

Xalendan avait senti... Il avait senti qu'Halfangee avait eu quelque chose... Il se rendit sur place, la ou la douleur était la plus forte... Il était la, devant le corps inerte de son amie décédée dans les bras de SaYoLe de Thanit... Xalendan était tellement triste que sa force le quitta et il se mît à genoux devant ce corps... Elle était si belle, si fraiche, pleine de vie, pourquoi ? Pourquoi elle ? Pourquoi la Faucheuse ne prenait jamais les vies qui ne mérite pas d'exister ?
Il releva la tête et il regarda le Lord Aëraël prier pour l'âme de la Dame... Xalendan murmura.


- Le Doux n'a donc aucun cœur ? Ou alors n'est-il pas capable de protéger ses propres serviteurs ?


Xalendan ne dit plus mots... Il était la... Accroupi... Soudain, une larme s'échappa, il attrapa la larme avant qu'elle ne tombe par terre et il l'a fixa...

- Cette larme ne devait pas tombée... Pas pour toi mon amie...

Xalendan resta à genoux devant la Dame...
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Thanator
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Mar 7 Oct - 23:28

Lancinante. Sourde. La douleur me suivait depuis le matin. J'avais donné ordre aux sénéchaux de vaquer à leur occupation et de ne plus m'importuner. Je m'étais assoupi sur un fauteuil. A mon réveil, la Cité Obscure semblait comme à son habitude suspendue dans le temps, mais au fond de moi la peine me poignardait sans relache. Un sombre présage se faisait ressentir.
Puis, j'en fus certain, certains Obscurs souffraient. Un en particulier, jusqu'à la mort. C'était l'âme bienveillante et pacifique du Maître de Guardia sans nul doute. Tous les Obscurs d'Avallon Lümbe devait en être conscient, mais certains plus que d'autres.

Un autre sentiment se mêlait à cette interconnexion. Comme si un être important et estimé des Royaumes Oubliés avait quitté le monde des hommes. Car, sous mes apparences humaines, le démon, l'entité millénaire sommeillait en moi et à n'en pas douter j'étais relié à "l'au delà", sans même en être réellement conscient.
Lorsque le soleil fût quasiment à son zénith et que les faibles rayons que laissaient filtrer la Brûme de la Cité Obscure me touchaient, ce n'était que par pure reflexe que je m'en rapprochais pour que mon corps s'y infiltre.
Mes sens étaient ailleurs. Je voyageais des dizaines de lieues plus loin vers la réunion de fortune qui avait été établi autour d'un corps. Et parfois même, mon âme vaguait au délà de notre monde conscient dans le royaume nommé Enfer, cherchant en vain l'âme du mort. En vain.

Il fallu impérativement en avoir le coeur net, trop de peines me parcouraient pour que je fusse un instant de plus indifférent aux appels des Nobles Obscurs. J'irais donc quérir les tristes nouvelles qui gisait au sol sur les terres du Noma, en Gaâd Mur. En Gaâd Mur c'était là que j'avais pû ressentir la mort. Cette mort.
Un ordre à mon valet, il longea le couloir, en direction de la tour. C'était pressant maintenant; de plus en plus pressant. Chaos, le gryphon noir, se laissait ateler par mon serviteur, palfrenier pour l'occasion. Ma longue toge noire -signe distinctif propre à tous les Obscurs- baignait dans la faible lueur du soleil, fantôme bien morne des révélations à venir. Une fois la tâche achevée, le valet s'excusa et prit aussi vite qu'il était monté l'escalier de pierre menant à la Tour des Envols. Il s'arrêta net, effrayé d'apercevoir ma main remerciante mais blafarde, se poser comme un spectre sur son épaule.
Quelques secondes plus tard c'était le vol. Une sensation longtemps oubliée, depuis les longues envolées sur les plaines huzaliennes. Mais l'heure n'était pas à la dérive, je savais exactement où aller.

Désolation, Peur et Chagrin

Trois sentiments depuis trop longtemps refoulés.
A mesure que ma monture se rapprochait de l'épicentre des peines, mon coeur bondissait dans mon torse jusqu'à m'en battre les veines. C'était elle. La seule femme que j'eus admiré pour son talent, pour sa verve.
C'était elle.

C'était elle depuis le début je le savais, je le refusais.

Chaos s'élança dans une dernière série de battements d'ailes, avant d'amérir sur un océan de chagrin, un rideau noir d'Obscur arrimé comme une voile sur un navire mortuaire.
C'était elle.

Trois silhouettes: celles des fantômes de mon espèce. Un corps allongé sur le sol.
C'était elle.

D'un blond immaculé, ses cheveux se répandaient comme un océan de joie, seuls vestiges d'une Grande Dame à la joie de vivre légendaire.
C'était elle, mais son visage n'avait plus rien d'elle. Ecorché et abimé, il exprimait une contorsion douloureuse. La mort avait dûe être lente et le repos, lui, avait dû être encore plus ardu à trouver.

Mon corps semblait se tenir tout seul et cheminer de manière autonome. Seuls mes yeux étaient les chefs d'orchestre de ma conscience et ils voyaient là le plus sombre des spectacles: trois hommes qu'elle avait aimé. Certes de manière différentes, mais qu'elle avait tout de même aimé. Que dire de moi? Dans un autre monde, ce Corneille misérable, journaliste à la solde d'une Haine populaire, ou encore ce chef de guerre, jeune et orgueilleux, qui lui fit construire toute une dépendance pour qu'elle y passe des jours heureux. Avec moi? Oui, c'était là mon souhait. Mais elle avait fuit devant la nature des mes traits millénaires, me laissant seul condamné à un destin écrit depuis la création de ce monde: les Démons n'ont jamais été des hommes... Mais, comment pouvait-elle supporter la présence d'un paricide? D'un traître et d'un assassin? Cela elle le savait, elle avait connu ce père; ce père que je comprend mieux aujourd'hui et qui est mien.
Alors, pourquoi ma présence ici? Qui suis-je pour m'annoncer ici, à part le Deuxième Eveillé, frère des Obscurs ici présents? Rien. Mais c'était elle...


"Obscurs, ce jour est sombre" , ma voix s'était allumée dans le silence mordoré."...et les Elfes..., depuis Alérandir Daâh jusqu'aux Trois Frères, chanteront longtemps les louanges de Dame Halfangee de Larfang et d'Ursus" , les cordes vocales vibraient dans un sonato qui m'était douloureux.

Du Chagrin dans ma voix pour la première fois depuis des décennies, mais pas de larmes. Pas de larmes pour un démon. C'était la sentence pour avoir vécu dans les Enfers, car là bas, les dieux mêmes avaient leurs fardeaux.


Pas de larmes, mais des mots...
"Askia Seth'nem Yom rath" ... venus tout droit des Enfers comme pour célébrer son retour au pays des morts.

C'était elle...
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Griffon
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Jeu 9 Oct - 0:09

Le crépuscule s’abattait sur les terres d’Agueraton, le soleil se livrait à une lutte sans merci contre les ténèbres, et comme à chaque fois, ceux si l’emportaient pour êtres à nouveau vaincus le lendemain. Le spectacle ne manquait pas d’éclat, les nuages abordaient une teinte rosâtre. Griffon regarda son compagnon s’approcher du corps de l’elfe, les yeux de celui-ci s’arrêtèrent quelques instants sur une marque au sol, puis silencieusement et avec le plus grand des respects, l’Obscur souleva Halfangee après avoir fermé la main de le l’elfe. Il passa au niveau de celui-ci et lui susurra qu’il comptait emmener le corps de la Dame à Avallon. Griffon se leva et lui répondit, les larmes aux yeux, le regard à l’endroit où se trouvait Halfangee quelques secondes plus tôt. Plusieurs Obscurs et le maitre des "nains" vinrent pour partager sa douleur, il leur adressa un regard de remerciement et se leva.

« Sa place n’est pas à Avallon, nous devons l’enterrer à la capitale, elle mérite les honneurs de tout le peuple d’Agueraton, il faut que le monde se rende compte de la perte qu’il a à affronter. Mais tu as raison, rendons-vous à Avallon pour le moment. »

Le garde resta silencieux quelques instants avant de se retourner vers ses amis.

« Il est de mon devoir de la porter »

Il tendit les bras pour prendre Halfangee dans le creux de ceux-ci, il contempla, pour la première fois, le corps froid de l’elfe, elle était d’une extrême légèreté. Sayole avait croisé les bras de l’elfe sur sa poitrine. La chevelure d’Halfangee tombait vers le sol. Une montagne de sentiment envahie l’éprit de Griffon, il fallait bien affronter la mort de l’elfe, il n’avait désormais plus le choix… Il adressa un regard plein de tristesse et de force à ses amis. Silencieux, il se dirigea vers le point d’eau où avait laissé Crinière dorée. Son chevale l’attendait. Griffon n’était pas étonné de voir la monture de Sayole attachée à un arbre. Griffon susurra quelques mots à l’oreille de son chevale, et celui-ci d’agenouilla pour que le garde puisse le monter sans brusquer le corps de l’elfe. Ensuite il partit au trot en direction de la cité Obscur.

"Avec moi mes amis, pour Halfangee"

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.................~~Ancien Intendant des Royaumes Oubliés~~
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MessageSujet: Re: La Fin du Début !   Sam 11 Oct - 17:58

Zeas avait appris la terrible nouvelle.. terrassé, effondré il l'était toujours, malgré les quelques jours qui c'était passé depuis La fin. Ces dernières heures lui rappelaient la perte des membres de sa famille, de sa sœur également. Il piétinait plus qu'il n'avançait en se remémorant les instants de bonheur passé. Le sort le frappait à nouveau. Affligé, consterné, il était un autre. Son regard habituellement si profond, lumineux était vide. On eut dit qu'un abime était perceptible au fond de ce regard noir. Depuis La fin, il ne parlait plus, il ne dormait plus, ne mangeait plus. Tous ceux qu'il avait estimé avait été emportés par la vague destructrice du mou. L'usure, le cataclysme avaient eu raison d'eux. Il était écrit que Zeas lui ferait payer s'il en trouvait un jour l'envie car là il n'avait qu'une envie : rejoindre celle qui lui avait apporté tant et tant de bons moments.
Que pouvait encore espérer l'ancien Spectre en ce monde ? Il avait tout fait, tout vu, plus rien à prouver, plus personne à combattre et le mou qui ne méritait que du dédain et le mépris de tous le portait déjà.

Zeas, général Infidèles, responsable des armées de Velsharoon en avait vu des Seigneurs vivre et mourir depuis les Heren Sindardil. Il avait été au coeur de nombreuses destructions d'alliance. Ce goût du sang il l'avait apprécié, il aimait le retrouver.. mais ce jour-là fut bien différent. Le souvenir qu'il avait de tout ce sang était brouillé, perturbé par La fin. Halfangee, celle qu'il avait tenté de recruter à plusieurs reprises dans ses anciennes alliances, celle qui avait toujours repoussé cette idée, celle qui lui avait toujours résisté, toujours fait face et qui était aux yeux du Spectre celle qui méritait le plus une place à ses cotés était partie.. sans lui, sans un regard..
Comme il aurait aimé lui dire..

Son corps il ne voulait le toucher.. de ses restes il ne voulait gouter, cette odeur de mort.. que pourtant souvent il adore.
Etait-ce justement là le miracle d'Halfangee, faire basculer l'exception dans le commun, redonner dans la mort le gout à la vie.. en donnant la mort à la plus belle des vies.
Zeas devait-il revenir à ses premières amours.. celui de l'angélisme et celui de la paix ? En fait, en pensant à cela il pris conscience qu'il s'en moquait désormais. Il avait fait le maximum possible, voire même l'impossible pour défendre la paix.. et le coté sombre aussi. Maintenant il se devait de rendre grâce à celle qui lui avait offert de si bons et intenses moments, qui leur avait permis à tout deux de prolonger leur destin. Maintenant il ouvrait une parenthèse dans sa vie. Il allait vivre pour vivre.. pour honorer Halfangee au quotidien sans vivre pour elle mais en vivant comme elle lui avait appris.

Les pensées affluaient, sa destinée en lui se dessinait petit à petit..

Il s'approcha d'une fenêtre de son palais, regarda le ciel au loin.. ciel bleu tacheté de nuages blancs et illuminé par un rayon de soleil tamisé qui lui rappelait certains jours d'automne.. Il pensait si fort à Elle qu'il semblait percevoir son visage dans les nuages. Il la sentait toujours présente, dans son coeur et son esprit. Il avait tellement l'impression de la sentir présente qu'il caressait du bout des doigts son visage dans les nuages, derrière sa fenêtre. Un sourire se dessinait sur son visage.. pas celui qu'on lui connaissait, celui du général d'armées goutant au plaisir de la bataille, pas celui du Seigneur rappelant à la Cour la puissance de son royaume, mais juste celui de Zeas pour son Halfangee préférée. On le sentait comme apaisé, heureux de penser à elle, heureux de la sentir si proche...
Il le savait désormais : vivants ou morts, ils seraient toujours là l'un pour l'autre. Elle le guidait comme par le passé, veillait sur lui.. décidément elle aurait toujours le dernier mot et serait toujours la plus forte à ses yeux.

Mais au fond de lui.. même s'il la sentait présente, il savait que bientôt il la retrouverait.. aussi

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La Fin du Début !
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